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Economie

10 gestes efficaces pour réduire sa consommation d’énergie


FIGARO DEMAIN – Alors que la crise sanitaire soumet le réseau d’électricité français à rude épreuve, tous les acteurs ont intérêt à ce que les Français diminuent leur consommation. Pourquoi et comment y parvenir ?

La demande d’électricité dans le monde devrait augmenter en 2021, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Aussi l’État, tout comme les fournisseurs d’énergie, incitent-ils les Français à réduire leur consommation.

Pourquoi réduire la consommation d’énergie des particuliers ?

Le Réseau de transport d’électricité (RTE) appelle chacun à adopter des gestes d’économies d’énergie pour éviter des coupures. Même s’il assure disposer de suffisamment de leviers, le réseau est aujourd’hui en tension car, en plus de la fermeture de la centrale de Fessenheim, de multiples opérations de maintenance des réacteurs nucléaires ont été suspendues ou reportées lors du premier confinement. Résultat, l’organisation du réseau électrique est bousculée et la puissance nucléaire disponible cet hiver s’en trouve diminuée. Or en France le nucléaire est la première source de production et de consommation d’électricité. RTE prévient qu’en février, et particulièrement à la fin du mois, les tensions seront les plus fortes car de nouveaux arrêts de réacteurs sont prévus. La météo aura un impact décisif, mais également la demande des Français.

Ainsi, pour réduire la consommation et éviter le black-out, cette année, le gouvernement a confié le pilotage du service d’effacement à des fournisseurs d’énergie. L’effacement consiste «pour un opérateur à demander à des consommateurs de diminuer leur consommation pendant un temps donné contre une rémunération», explique une porte-parole de RTE. Les fournisseurs d’énergie ont donc un intérêt financier à modérer la consommation de leurs clients.

Les particuliers ont eux aussi intérêt à réduire leur consommation pour baisser leur facture d’énergie. Celle-ci s’élève à 1552 euros par an en moyenne et représente 9% du budget des ménages, selon les derniers chiffres du ministère de la Transition écologique. Mais avec les deux confinements, ce poste de dépenses contraintes a tendance à augmenter pour les particuliers. Les Français passent en effet plus de temps chez eux : ils chauffent leur logement toute la journée, utilisent plus leurs écrans, cuisinent davantage…

Outre un avantage financier, réduire sa consommation d’énergie est aussi un moyen de lutter contre le réchauffement climatique depuis son foyer. De fait, le logement est le premier consommateur d’énergie en France : il émet 19% des gaz à effet de serre, selon l’Agence de la transition écologique (Ademe). Il représente ainsi l’un des plus gros potentiels de réduction des émissions. L’Agence de la Transition écologique estime que pour atteindre les objectifs fixés par les politiques publiques à l’horizon 2050, les Français devront consommer deux fois moins d’énergie, tout en continuant à vivre confortablement dans leur logement. «La transition énergétique et écologique voulue par tous n’est atteignable que si chacun se mobilise, à tous les niveaux», indique ainsi l’Agence dans son étude intitulée «Transition écologique et énergétique, quels modes de vie en 2030-2050 ?»

L’État s’est en effet engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, ce qui revient à diviser par six les émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990. Pour atteindre cet objectif ambitieux, le gouvernement a mis en place une Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Parmi les mesures préconisées, la baisse des consommations énergétiques des Français figure en bonne place. De fait, l’énergie la plus propre est celle qui n’est pas consommée ! À l’inverse, plus la consommation d’énergie nationale est forte, plus les sources d’énergie les plus carbonées sont sollicitées. En effet, l’électricité ne se stocke pas à grande échelle, un parc électrique donné est donc plus ou moins sollicité en fonction de la demande. Ainsi, pour répondre à la demande d’énergie en France, le réseau de distribution français sollicite en priorité les énergies renouvelables – dont la production serait perdue si elle n’était pas consommée – puis les centrales nucléaires – aux coûts marginaux faibles – puis viennent les centrales thermiques (à charbon, à gaz, voire au fioul). Ces dernières produisent ainsi de l’électricité lors des pics de consommation, mais sont plus polluantes et coûtent plus cher. C’est pourquoi lors de ces pics de la demande, RTE privilégie une réduction de la consommation par les usagers. Mais comment y parvenir ?

Les gestes efficaces pour baisser sa consommation d’électricité

Baisser la température de son logement est le geste le plus efficace pour réduire sa consommation puisqu’il représente plus des deux tiers de la consommation d’énergie d’un ménage, selon l’Ademe. Or les habitudes ne vont pas vers une plus grande sobriété énergétique en la matière puisque nous chauffons de plus en plus nos logements : en 25 ans, la température des foyers en hiver a augmenté de 2°C.

Pourtant, faire passer le chauffage de 20°C à 19°C permettrait de réduire de 7% la consommation d’énergie.

  • Changer ses ampoules pour des basses consommation

L’éclairage, c’est 12% de notre consommation électrique. Grâce à la disparition progressive des ampoules à incandescence, les consommations énergétiques de ce poste devraient diminuer.

  • Éteindre les lumières allumées inutilement

«Si tous les ménages français éteignaient une ampoule, cela permettrait d’économiser la consommation d’une ville comme Toulouse», rappelle RTE, le gestionnaire des réseaux.

  • Éteindre ses appareils en veille

Les recommandations sont celles d’installer une multiprise à interrupteur pour éteindre les appareils en veille inutilement. Selon l’Ademe, entre 300 et 500 kWh par an et par foyer sont consommés inutilement et sont la conséquence de la mise en veille des différents appareils présents dans le logement. Cela a pour effet d’augmenter la facture d’électricité annuelle de 10%.

  • Réduire le nombre d’équipements électroménagers

La consommation de nos équipements électroménagers explose. On observe une hausse de 75% depuis 1990. Même si les appareils sont plus efficaces, «nous en possédons de plus en plus, et de plus en plus puissants, sans toujours en faire un usage économe. Par exemple, un téléviseur deux fois plus grand consomme quatre fois plus d’électricité», souligne l’Agence pour la Transition écologique.

  • Couvrir les casseroles pendant la cuisson

Ce geste simple permet de consommer 4 fois moins d’électricité ou de gaz.

L’objectif est ainsi de soulager les appareils et de réduire leur consommation d’électricité.

  • Purger les radiateurs avant l’hiver

Purger un radiateur vise à éliminer l’air accumulé dans l’installation. Ainsi, l’eau circule mieux à l’intérieur des tuyaux et des radiateurs, la chaleur est mieux diffusée et les pièces sont plus vite chauffées. Les températures idéales sont atteintes plus rapidement et la consommation d’énergie s’en trouve réduite.

Cette action permet tout à la fois d’économiser de l’énergie et de préserver son linge.

  • Régler le chauffe-eau sur 60°C

En réglant la température du ballon à eau ou de votre chauffe-eau sur 60° est un moyen de limiter la consommation d’énergie et d’eau. Les spécialistes attestent que 60°C suffisent pour répondre aux besoins pour peu que le chauffe-eau ne soit pas trop éloigné des salles d’eau.

L’État, l’Ademe, RTE ainsi que les fournisseurs d’énergie déploient différentes stratégies pour encourager les Français à mettre en place ces comportements moins énergivores. RTE a étendu son dispositif appelé « Ecowatt» à toute la France (il était initialement présent seulement en Bretagne et en région Sud). Ce site internet permet de connaître la situation du réseau dans sa région et d’avoir des conseils pour optimiser sa consommation électrique.

Les collectivités s’engagent également via notamment la mise en place de «familles à énergie positive» via des défis collectifs pour s’encourager à réduire sa consommation d’énergie. Le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) de Brenne-Berry a ainsi récemment lancé le Défi Energie.

Les fournisseurs se mobilisent également. Direct Energie déploie une campagne de communication pour inciter ses clients à moins consommer les jours de forte tension via l’envoi de SMS la veille des jours de pic de consommation. La filiale de Total a également créé un «réseau social» où ses clients s’encouragent mutuellement à mettre en place des actions via, entre autres, des défis également. De son côté, la société Voltalis propose un boîtier qui lui permet de couper le chauffage par phases de 10 minutes pendant les pics, moyennant des économies sur la facture d’électricité des ménages. Environ 100.000 foyers en sont déjà équipés. Agregio, filiale d’EDF, propose le même service aux collectivités, de même que Flexcity (Veolia). Reste à savoir si cette mobilisation suffira pour éviter les coupures d’électricité cet hiver.



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