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Economie

1600 salariés de Google appelent l’entreprise à ne plus vendre ses technologies à la police


Depuis le meurtre de l’Afro-Américain George Floyd par un policier blanc le 25 mai dernier, la plupart des géants de la tech se sont engagés à redoubler d’efforts dans la lutte contre le racisme. Sundar Pichai, le PDG d’Alphabet, la maison mère de Google, s’est notamment engagé à embaucher plus de personnes issues des minorités pour des postes à responsabilités, à verser 12 millions de dollars à des associations luttant contre le racisme, et à leur offrir également des espaces publicitaires. «Notre communauté noire souffre […] Pour ceux qui ressentent du chagrin, de la colère, de la tristesse et de la peur, vous n’êtes pas seuls. Nous soutenons l’égalité raciale et tous ceux qui se battent pour l’obtenir», avait notamment déclaré le PDG.

Mais pour les employés de Google, les mesures annoncées ne sont pas suffisantes. Dans une lettre ouverte, plus de 1 600 salariés demandent à Google de cesser de vendre ses technologies aux forces de l’ordre. Ils mentionnent notamment une intelligence artificielle utilisée pour «traquer les immigrants grâce aux drones de surveillance» et des «dons aux politiciens racistes et aux représentants de la suprématie blanche».

«Nous sommes déçus que Google continue de vendre ses technologies aux forces de police plutôt que de rejoindre les millions de personnes qui veulent cesser de financer ces institutions», écrivent les employés. «Pourquoi aider les institutions responsables du genou sur le cou de George Floyd à être plus efficaces dans leur organisation? En plus de ça, les mêmes forces de police de Clarkstown que Google décrit comme une réussite ont été poursuivies à plusieurs reprises pour surveillance illégale des organisateurs de Black Lives Matter». Cette seconde accusation fait référence au fait que Google a publiquement reconnu que la police de Clarkstown avait utilisé G Suite pour partager des informations et des preuves numériques. De la même manière, Google travaille également avec la police de Seattle, et sa branche de capital-risque, GV, investit dans des intelligences artificielles utilisées par la police.

Mobilisation gagnante par le passé

Une porte-parole de Google a réagi auprès de TechCrunch: «Nous sommes engagés à combattre le racisme systémique, et nos employés ont fait plus de 500 suggestions au cours des dernières semaines que nous sommes en train d’examiner. Nous avons été la première grande entreprise à décider, il y a des années, de ne pas commercialiser la reconnaissance faciale et nous avons des principes sur l’IA très clairs qui interdisent son utilisation ou sa vente à des fins de surveillance». Ces dernières semaines, d’autres entreprises ont pris cette décision, comme IBM ou encore Amazon, qui a annoncé un moratoire d’un an sur l’utilisation de son outil de reconnaissance faciale, Rekognition, par la police.

La mobilisation des employés de Google n’est pas anodine, surtout lorsque l’on sait que l’entreprise avait déjà dû renoncer à des partenariats avec les autorités dans des conditions similaires. En 2018, le projet Maven, qui consistait en une collaboration entre Google et le Pentagone sur une technologie de reconnaissance d’image, avait ainsi dû être avorté. Quelques mois plus tard, après de vives protestations des salariés, le géant de la tech avait été contraint de faire une croix sur le projet JEDI, portant sur le cloud computing, depuis remporté par Microsoft.



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