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Economie

44 cas liés à un vol sur 1,2 milliard de passagers depuis janvier


À grands coups de graphiques, schémas et autres statistiques, Airbus, Boeing et Embraer se sont employés, dans le cadre d’une conférence organisée par l’Association internationale des compagnies aériennes (Iata), à démontrer que l’avion est en endroit où la sécurité sanitaire est très élevée face au risque de transmission du Covid-19. Les trois constructeurs aéronautiques ont décidé de parler d’une seule voix afin de rassurer les passagers, inquiets d’attraper le virus à bord. La distanciation sociale n’est physiquement pas possible dans la cabine.

L’enjeu est de taille pour l’aéronautique qui est une des industries les plus affectées par la crise du transport aérien. Le passager représente une des clefs du redressement du trafic. Dans une récente étude, Boeing estime que le taux d’occupation des avions de ligne est de 25% inférieur à la normale. Même si certaines lignes restent très fréquentées.

Contamination par le passager assis à côté

Selon un sondage réalisé auprès des passagers depuis juin, 88% se déclarent se sentir en sécurité à bord d’un avion. 60% d’entre eux estiment que l’air y est aussi propre que dans un hôpital mais ils sont aussi 60% à estimer que la cabine est un endroit dangereux dans le contexte du virus. «Leur plus grande crainte est d’être contaminé par le passager assis à côté d’eux», résume David Powell, le conseiller médical de l’Iata.

C’est donc la cabine passagers qui concentre toutes les craintes. Le risque n’est pas totalement nul mais il est minime, assurent les constructeurs. Selon Iata, sur 1,2 milliard de passagers transportés entre janvier et juillet, 44 cas de transmission du virus associé à un voyage aérien, ont été identifiés. «Cela représente 1 cas tous les 27,3 millions de passagers»,souligne David Powell.

Air renouvelé toutes les 2 à 3 minutes

L’industrie rappelle que l’air au sein de la cabine est renouvelée toutes les deux à trois minutes, que cette cabine est équipée de filtres à particule, identiques à ceux des blocs opératoires (HEPA) qui absorbent 99,9% des particules. Par ailleurs, les flux d’air qui circulent du haut vers le bas évitent les mélanges d’air entre les rangées de sièges.

Les trois constructeurs ont également testé dans leurs avions, au sol, et en vol des dizaines de scénarios, après les avoir modélisés en 3D. Comme par exemple un passager qui tousse ou éternue afin de voir ce qu’il se passe en termes de diffusion des gouttelettes pour les autres passagers. Et, cela avec ou sans masque. «Lorsqu’un passager éternue, s’il porte un masque, ce dernier stoppe la plus grande majorité de ces gouttelettes ; la gravité en plaque sur le sol de la cabine, ainsi que les flux d’air qui circulent de haut en bas. Puis le masque d’un autre passager fait également barrière. Au total,le risque se réduit à 5 gouttelettes projetées sur 10 000», a expliqué Bruno Fargeon, ingénieur d’Airbus qui pilote le programme “Keep trust in air travel” (garder confiance dans le transport aérien).

Pour Boeing qui a lancé un programme similaire, le dos des sièges constitue une barrière à la circulation des particules, donc du virus. En outre, contrairement aux apparences, l’équivalent de la distanciation sociale existe à bord des avions « le design de la cabine et le système de distribution de l’air équivaut à une distance entre deux passagers de 2 mètres», assure Dan Freeman, ingénieur recherche de Boeing.

Les constructeurs veulent rassurer en soulignant également que les procédures de nettoyage ont été renforcées, tout comme le parcours de l’entrée de l’aéroport jusqu’à la porte de l’avion. Reste à savoir si les passagers ou futurs passagers seront convaincus.



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