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Economie

68 élus écologistes et de gauche demandent un moratoire sur le déploiement de la 5G


La croisade des maires de gauche contre le développement de la 5G se poursuit. Dimanche, 68 élus ont publié une tribune dans le Journal du dimanche réclamant un «débat démocratique» sur l’installation de cette nouvelle technologie ainsi qu’un «moratoire immédiat», courant jusqu’à l’été 2021 «au moins». De quoi relancer un débat déjà tendu sur le dossier.

Parmi les signataires, on retrouve onze maires de grandes villes, dont ceux, verts, de Strasbourg, Lyon, Tours, Bordeaux, Poitiers, Marseille, Grenoble et Besançon, ainsi que ceux, socialistes, de Blois, Bourg-en-Bresse et Villeurbanne. S’y ajoutent d’autres élus nationaux, comme les Insoumis Alexis Corbière, Adrien Quatennens, François Ruffin et Jean-Luc Mélenchon, ainsi que les écologistes Yannick Jadot et Julien Bayou.

Les élus exigent un débat portant sur «la 5G et les usages numériques». En outre, ils demandent un «droit à la subsidiarité» pour les communes sur l’application du principe de précaution. Ils estiment que la finalisation du déploiement de la 4G doit être prioritaire sur le développement de la 5G, déclarée «enjeu stratégique pour la France […] sans étude d’impact climatique et environnemental ni aucune consultation publique préalable» et alors que «l’utilité réelle de la 5G est loin d’être aussi évidente que le prétendent les opérateurs de téléphonie mobile ou le gouvernement».

À voir aussi – 5G : comprendre la révolution qui vient

Les auteurs soulignent «l’impact environnemental» de la 5G et pointent la hausse de consommation de données et d’usage qu’entraînera le déploiement de la technologie, «synonyme d’une très forte consommation d’énergie». Indirectement, la 5G, estiment-ils, augmentera la pollution et la consommation de ressources naturelles pour produire des appareils compatibles. Ils réclament donc une «étude d’impact environnemental» avant son arrivée sur le territoire.

Les signataires s’inquiètent parallèlement des effets des «émissions d’ondes» de la 5G sur la santé des populations et demandent d’attendre la publication d’une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, sur le sujet, avant de poursuivre le déploiement de la technologie. «Il est urgent de s’interroger sur l’impact sanitaire de la multiplication d’objets hyperconnectés», s’insurgent-ils.

D’autres arguments sont également évoqués, comme la question de la protection des données personnelles des usagers ainsi que le risque d’aggraver les «fractures numériques existantes». Les maires requièrent donc le droit de choisir «le mode d’accès à Internet et la maîtrise du développement des réseaux numériques» sur leur territoire.

L’opposition des élus écologistes à la 5G est connue de longue date. Certains maires avaient déjà prévenu, dans leur programme, qu’ils comptaient s’élever contre son déploiement et le parti EELV a voté une motion en juillet demandant un «moratoire sur la 5G». Récemment, la Convention citoyenne pour le climat a également exprimé un avis mitigé sur la technologie, proposant «d’évaluer les avantages et les inconvénients de la 5G par rapport à la fibre avant et non après avoir accordé les licences pour son développement». Elle demandait donc elle aussi un «moratoire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de l’évaluation de la 5G sur la santé et le climat». En août, l’Assemblée de Corse a voté une demande de moratoire sur le déploiement de la nouvelle génération de téléphonie mobile sur l’Île.

Le gouvernement et les professionnels du secteur continuent de batailler sur ce sujet, rappelant l’utilité de la 5G, d’un point de vue économique, ainsi que ses effets bénéfiques sur la consommation d’énergie. «La 5G consomme dix fois moins d’énergie que la 4G», rappelait récemment le PDG d’Orange, Stéphane Richard.



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