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Economie

A l’approche du déconfinement, l’activité en France redémarre légèrement


Après un peu moins de huit semaines de confinement, la France sort peu à peu de sa torpeur. D’après le quatrième point de conjoncture de l’Insee depuis la mi-mars, publié ce matin, «l’activité économique française serait en baisse de 33 % par rapport à une situation normale». Un niveau légèrement moins marqué que ces dernières semaines. Les statisticiens notent qu’«une légère remontée de l’activité économique semble se confirmer, dans l’industrie et dans la construction».

Dans le détail, la reprise se voit dans plusieurs secteurs : c’est notamment le cas dans l’industrie, où la perte d’activité s’élève désormais à –38 % contre –43 % il y a un mois, et dans la construction (-75% contre –88 % au 9 avril). La perte d’activité est inégalement ressentie, l’agroalimentaire fonctionnant presque à la normale, quand «la cokéfaction-raffinage» tourne au ralenti. La reprise se voit notamment dans l’activité du fret ferroviaire, qui fonctionne désormais à 67% de la normale contre 63% entre le 23 mars et le 23 avril. Les services restent cependant au même niveau, faisant état d’une perte d’activité bloquée à environ -36%.

La perte d’activité est inégalement ressentie selon les secteurs Insee, Le Figaro

Dans sa première estimation datée du 26 mars, l’organisation chiffrait la perte d’activité économique à environ 35 % par rapport à une situation «normale». Elle précisait cependant que cette perte était plus massive dans certains secteurs comme la construction (-89%) ou l’industrie hors agroalimentaire (-52%). Le 9 avril, elle avait confirmé ce chiffrage, l’ajustant à 36% de pertes par rapport à une situation classique. Là encore, elle faisait état de contrastes : «certains services sont quasiment à l’arrêt (hébergement et restauration) tout comme certaines branches industrielles ; à l’inverse les industries agro alimentaires […] fonctionnent à un niveau relativement proche de la normale», écrivait-elle. Le 23 avril, elle reprenait une fois encore cette estimation.

Cette fois-ci, une légère reprise semble donc se confirmer. Le ralentissement devrait d’ailleurs être ressenti différemment selon les territoires, «certaines régions apparaissent structurellement plus exposées que l’ensemble national à l’image de la Corse, d’Auvergne-Rhône-Alpes, de l’Île-de-France et de Provence-Alpes-Côte D’Azur». Plus précisément, les disparités se ressentiront aussi à l’échelle des départements : par exemple, «l’économie de la Haute-Garonne subirait de plein fouet le fort recul des industries des matériels de transport, dont l’aéronautique, et celui des services marchands, alors que les autres départements d’Occitanie sont plus épargnés», relève l’Insee.

La consommation tourne encore au ralenti

Les ménages restent quant à eux frileux : «les dépenses de consommation finale des ménages seraient inférieures de l’ordre de 32 %» à la normale, au 7 mai, note l’institut. Ce chiffre est toutefois en léger recul par rapport aux dernières estimations, de l’ordre de 35% fin mars et «33%» le 23 avril. Le recul est particulièrement sensible dans certains domaines, comme l’automobile, l’habillement ou les services d’hébergement, de restauration ou de loisir. Fait notable : «si les dépenses de carburants ou d’hôtellerie-restauration n’évoluent pas, en revanche certaines dépenses de biens manufacturés (équipement du foyer, habillement-chaussure) se redressent très progressivement», souligne le document.

Evolution de la consommation selon les secteurs Insee, Le Figaro

Inquiets, les Français semblent mettre de côté, une situation qui n’est pas du goût de l’exécutif : «ce n’est pas d’épargne dont nous avons besoin aujourd’hui pour notre économie, mais d’investissement», déclarait Bruno Le Maire à l’Assemblée, mi-avril, ajoutant que les consommateurs auraient probablement des «comportements attentistes» et qu’il faudra donc «inciter la demande».

Dans l’ensemble, la facture finale du confinement sur l’activité reste difficile à chiffrer, dépendant de nombreux facteurs comme sa durée, l’ampleur du déconfinement ou le comportement des entreprises comme des consommateurs. Jusqu’ici, l’Insee tablait cependant sur «une perte de l’ordre de 3 points de PIB annuel par mois de confinement». Cette fois-ci, l’institution ne propose pas de réévaluation de son estimation.



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