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Economie

À Lisbonne, la mairie peut vous interdire de louer votre logement sur Airbnb


À Paris, Anne Hidalgo veut limiter la location de type Airbnb par quartier en instaurant des quotas. Mais la maire n’en est qu’au stade des discussions avec le gouvernement et l’Union européenne pour modifier la loi. À Lisbonne, son homologue socialiste Fernando Medina a déjà mis en place des mesures concrètes pour réguler la location touristique.

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Jusqu’en 2018, les propriétaires, qui souhaitaient faire de la location saisonnière, devaient demander un permis à la mairie mais qui leur était automatiquement délivré, sans conditions. Désormais, depuis trois ans, ce document peut leur être refusé si la part de logements «Airbnb» (sur le total de résidences principales) dépasse les 20% dans le quartier. Et ce n’est pas tout. «Le permis est supprimé si le logement est vendu ou s’il change de destination, par exemple, si le propriétaire bascule de la location Airbnb à de la location longue durée», précise Cécile Gonçalves, fondatrice de l’agence Maison au Portugal. C’est également le cas, et c’est logique, si le propriétaire bascule de la location Airbnb à de la location longue (ou moyenne) durée.

C’est ce que beaucoup de propriétaires, surtout en périphérie de la ville où ils sont essentiellement portugais, ont dû se résoudre à faire, en raison du Covid. Faute de touristes, leurs locations ne leur ont rien rapporté. Des lourdes pertes à supporter pour ces propriétaires qui ont préféré louer leur logement sur longue durée. Quitte à devoir baisser leurs loyers. «Un appartement en plein centre-ville historique, avec 5 chambres, terrasse et jardin loué 2500 euros la semaine sur courte durée, est mis en location 2500 euros le moissur moyenne durée», souligne Olivia Allard, fondatrice de l’agence de location Lisbonne Collection.

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En revanche, dans le centre historique de la ville, les propriétaires, plus aisés, continuent de privilégier la location courte durée. Soit ils attendent le retour des touristes, soit louent leur logement dès maintenant mais du coup, baissent aussi leurs exigences. «Sur la cinquantaine de logements que nous gérons à Lisbonne, une vingtaine est toujours en location courte durée mais les propriétaires ont dû baisser leurs loyers de 20% pour attirer les rares voyageurs», détaille Olivia Allard qui vit à Lisbonne depuis 2013 et travaille à Paris.

Des avantages fiscaux

Il faut dire que le profil des voyageurs a changé avec la crise sanitaire. «Ce sont les Portugais qui animent actuellement le marché dans le centre de Lisbonne. Mais leur pouvoir d’achat est moins élevé que les Français, les Brésiliens et les Britanniques qui sont les premiers acheteurs étrangers au Portugal. Un trois-pièces peut être loué entre 1300 et 1400 euros par mois contre 1600 euros environ en 2019», explique Cécile Gonçalves. Conséquence: en un an, le loyer moyen a chuté de près de 17% dans la capitale lisboète, là où ils n’ont baissé que de 0,7% dans l’ensemble du pays.

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Mais pour inciter de plus en plus de propriétaires à louer sur des longues durées, le gouvernement portugais a sorti de sa manche un atout fiscal. Plus vous louez longtemps, plus votre taux d’imposition à l’impôt sur le revenu (IR) baisse. Actuellement de 28%, il peut tomber jusqu’à 14% pour les locations de 2 à 20 ans qui sont renouvelées plusieurs fois et à 10% au-delà de 20 ans. «La mairie de Lisbonne propose également aux propriétaires de lui louer leur logement à des prix inférieurs à ceux du marché mais qui ne sont pas soumis à l’IR. Les propriétaires ne sont pas soumis à l’impôt foncier. Puis la mairie les sous-loue à des ménages modestes moyennant des loyers plafonnés. Les HLM sont quasi-inexistants au Portugal», déclare Cécile Gonçalves.



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