Image default
Economie

à Paris, une soirée-test organisée en discothèque ce samedi


À l’instar du concert-test organisé à Bercy il y a quelques semaines, l’AP-HP et l’ANRS vont piloter une expérimentation en conditions réelles dans deux boîtes parisiennes, le 26 juin au soir.

La mairie de Paris veut faire revenir les jeunes Franciliens sur la piste de danse. Ce mercredi, l’Hôtel de ville va dévoiler officiellement l’expérimentation menée conjointement par l’AP-HP et l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, une antenne de l’Inserm. Objectif de ce projet : constater si les discothèques peuvent reprendre plus largement leur activité sans risque, au-delà des jauges dévoilées par l’exécutif cette semaine.

À l’origine, le projet est parti d’un infectiologue de l’AP-HP, raconte au Figaro l’adjoint à la mairie de Paris en charge du Tourisme et de la Nuit. Intrigué par le concert-test planifié à Bercy par les autorités, ce jeune homme a contacté Frédéric Hocquard et lui a expliqué vouloir monter un projet similaire dans un club. Une idée saluée l’Hôtel de ville. L’AP-HP et l’ANRS ont travaillé sur l’aspect scientifique de l’expérimentation, y compris le protocole sanitaire. La mairie, quant à elle, a «créé une synergie», en mettant en relation les lieux, les artistes, les autorités sanitaires et l’État.

Dans le détail, le protocole de cette soirée-test prévue ce samedi est calqué sur celui qui avait été utilisé à Bercy, pour le concert-test d’Indochine. La soirée aura lieu dans deux clubs, en intérieur : le Cabaret sauvage (19ème arrondissement) et la Machine du Moulin Rouge (18ème arrondissement). 4400 personnes vont être sélectionnées d’ici samedi : la moitié pourra se rendre dans les clubs, et l’autre moitié n’assistera pas à la soirée. Les deux groupes seront séparés au hasard. L’objectif est de constater si les individus présents samedi se révéleront plus contaminés que les autres, a posteriori.

Le port du masque ne sera pas obligatoire en intérieur, et aucune notion de distanciation sociale ne sera appliquée. Avis aux intéressés : les participants doivent tous être vaccinés et ils seront testés plusieurs fois, avant la soirée et quelques jours plus tard. Ils devront être âgés de 18 à 49 ans et habiter en Île-de-France. La soirée est gratuite et financée en partie par l’État. La mairie n’a pas eu à mettre la main à la poche : «ce qui coûte cher, ce sont les tests. Le reste ne coûte pas grand-chose, les artistes jouent gratuitement, il y a assez peu de frais», indique l’adjoint d’Anne Hidalgo.

La soirée débutera à 23h et se terminera à 6h du matin : les conditions sont donc aussi normales que possible. La mairie de Paris a réuni de beaux noms pour faire danser les participants : Étienne de Crécy, Pedro Winter, Chloé, Kiddy Smile, Laurent Garnier… «Laurent et Pedro ont répondu présents immédiatement. Tout s’est fait très vite», note Frédéric Hocquard.

Des jauges trop restrictives pour rouvrir ?

Pour l’Hôtel de ville, l’objectif premier de cette soirée est de constater si des conditions de réouverture plus lâches se révèlent plus risquées ou non, d’un point de vue sanitaire. Plus tôt cette semaine, le gouvernement a précisé que les boîtes de nuit pourront rouvrir le 9 juillet, mais avec une jauge de 75% en intérieur tout l’été et un pass sanitaire obligatoire. Si l’expérimentation de samedi se révèle concluante, la mairie défendra une levée de la jauge de 75% auprès du gouvernement. «De toute manière, l’activité finira bien par repartir, mais l’étude pourra permettre d’accélérer les choses», considère le représentant de la ville.

La jauge actuelle est jugée trop restrictive par une partie du secteur de la nuit, ainsi que par Paris. «Avec 75%, les clubs ne veulent par rouvrir, alors notre expérimentation garde tout son intérêt», estime Frédéric Hocquard. Financièrement, une partie ne s’y retrouvera pas, et préférera garder le rideau baissé. «Il appartient à chaque exploitant d’apprécier sa capacité à ouvrir son établissement dans le respect du protocole sanitaire et de son équilibre économique et financier», soulignaient l’Umih et le GNI, lundi.

Des soirées-tests en discothèque ont déjà été organisées à l’étranger, mais pas en France, souligne notre interlocuteur. La profession soutenait pourtant le principe de telles expérimentations, mais le ministère des Solidarités et de la Santé semblait freiner des quatre fers, à l’époque. «Nous sommes d’accord pour faire des soirées-tests, sur le modèle des concerts tests», nous indiquait ainsi le patron du Syndicat national des discothèques et lieux de loisir (SNDLL), Patrick Malvaës, il y a un mois. Quelques chanceux vont donc pouvoir à nouveau fouler le «dancefloor», quasiment seize mois après la fermeture des établissements. Le retour de la fièvre du samedi soir…



Source link

Autres articles

Les distributeurs de billets toujours moins nombreux en France

administrateur

l’histoire de l’Opep en 7 dates

administrateur

L’Europe lance une enquête sur les pratiques d’annulation des compagnies aériennes

administrateur

Une ligne-clé du métro du Grand Paris ne sera pas prête pour les JO de 2024

administrateur

Le drôle de marché de la mairie de Paris pour les loueurs Airbnb illégaux

administrateur

les restaurants ont plutôt bien résisté cet été, sauf à Paris

administrateur