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Finance

A Wall Street, les traders rient, les banquiers pleurent



La crise du coronavirus va plonger l’économie mondiale dans une profonde dépression . Et les banquiers ne seront pas épargnés. Selon un rapport publié mercredi par le cabinet américain Johnson Associates, les bonus des banquiers de Wall Street pourraient plonger jusqu’à 30 % cette année par rapport à l’an dernier, selon les spécialités. Même sanction ou presque dans la gestion d’actifs, les hedge funds ou le capital-investissement, avec des baisses comprises entre -5 et -25 %.

Les experts de Johnson Associates, dont les projections sont suivies de près par l’industrie financière, basent leurs estimations sur les résultats du premier trimestre et les perspectives (très incertaines) des établissements financiers. Aux Etats-Unis, les bénéfices ont chuté et les provisions pour risque d’impayés ont bondi , alors que le PIB a reculé de 4,8 % au premier trimestre et que les files de chômeurs s’allongent partout dans le pays.

Jusqu’à -30 % dans la banque de détail

« L’année 2020 sera marquée par de très grandes variations en termes de rémunérations variables entre les établissements les plus forts et les plus faibles », indique néanmoins le cabinet dans son étude. Précisant que « les scénarios peuvent encore évoluer selon la rapidité de la reprise » post-coronavirus.

Les salariés dans la banque de détail sont ceux qui seront le plus affectés, avec une baisse de 25 à 30 % des bonus. C’est l’activité qui pourrait le plus souffrir des difficultés à venir des emprunteurs. L’ampleur de la baisse serait similaire pour les effectifs administratifs dans les sièges.

Dans la banque d’investissement, le conseil verrait ses bonus fondre de 20 à 25 %, alors que de nombreux deals ont été reportés voire annulés, contre 10 à 15 % dans les métiers de financement (dette, equity).

Peur sur les effectifs

Les traders pourraient en revanche faire des jaloux : selon Johnson Associates, avec des rémunérations variables qui devraient bondir de 15 à 20 %. Contrairement à leurs homologues européennes , les grandes banques américaines ont en effet réalisé de très bonnes performances au premier trimestre dans les actions comme dans les produits de taux et de change, malgré un environnement de marché extrêmement volatil. « Dans le trading, les opérateurs bénéficient des flux de positions, qui sont très importants », commente Alan Johnson, le patron du cabinet.

Reste à savoir si beaucoup de banquiers pourront en profiter d’ici à la fin de l’année. La violence de la crise économique va pousser les grands établissements à réduire les coûts et donc probablement les effectifs. Selon des données compilées par le cabinet Coalition, les grandes banques d’investissement mondiales ont déjà réduit de 5 % le nombre de leurs salariés au premier trimestre. Du jamais vu depuis 2014, alors même que les revenus ont bondi dans ce domaine.



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