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Economie

Accor va supprimer 1000 emplois dans le monde


« Nous retrouverons les niveaux d’activité de 2019 fin 2022, voire début 2023 », prévient Sébastien Bazin. Le PDG d’Accor, à la tête de 5099 hôtels dans plus de cent pays, serre la vis afin de faire face à une crise qui va durer. Il a annoncé mardi le lancement d’un plan d’économies de 200 millions d’euros, sur une base de coûts de 1,2 milliard en 2019.

Ce plan passera par la suppression d’un millier de postes dans le monde (sur 18.000 au total). « Nous sommes passés de propriétaire à exploitant et fournisseur de services à des hôtels, sans aligner notre organisation à ce nouveau modèle économique, justifie le dirigeant. Nous avons ouvert le “moteur Accor”, pour comprendre nos besoins en ressources humaines et devenir plus agiles et proches du terrain. Nous avons passé en revue 7000 tâches. Certaines ne sont pas réalisées aux bons endroits, d’autres ne sont plus utiles. »

Ces économies devraient être réalisées aux deux tiers fin 2021, et à 100 % fin 2022. Elles s’ajoutent à un précédent plan d’urgence, de réduction de 60 millions d’euros de coûts centraux (arrêt de campagnes publicitaires et marketing…), déjà exécuté à 60 %.

La casse aux coûts touchera tous les services où des postes doublonnent d’un pays à l’autre. L’ensemble de sièges régionaux devrait être touché, comme le ­siège mondial d’Issy-les-Moulineaux. Le montant des économies a été calculé selon le modèle du « zéro base budget », passant au crible la pertinence des organisations des entreprises.

Touché comme ses concurrents par l’arrêt des voyages dans le monde, Accor a vécu les pires heures de son histoire, à cause de la pandémie de coronavirus. Au pic de la crise, en avril, 90 % des hôtels étaient fermés. La reprise est là, mais progressive. Début août, 81 % des hôtels avaient rouvert, avec de fortes disparités d’un pays à l’autre. En Chine, la totalité du parc a repris du service et le taux d’occupation est autour de 60 %, alors que l’Amérique du Sud n’a toujours pas redémarré. En France, 80 % des hôtels sont ouverts, mais seulement 50 % à Paris, faute de touristes étrangers.

«Violence inouïe»

« Le choc que subit notre industrie est sans précédent et d’une violence inouïe », reconnaît Sébastien Bazin. Sans surprise, les résultats du premier semestre sont très mauvais. Le groupe accuse une perte nette de 1,5 milliard d’euros, pour un chiffre d’affaires de 917 millions d’euros, en chute de 52,4 % sur un an. Les prix n’ont pas baissé mais, comme il y a moins de voyageurs d’affaires, les chambres les plus chères sont moins demandées. « Le recul du chiffre d’affaires et celui du revenu moyen par chambre de 53,9 % étaient attendus, précise le dirigeant. En revanche, la consommation de cash mensuel est plus limitée que prévu, grâce aux réductions de coûts. Nous avons aussi ouvert 86 hôtels, soit 12 000 chambres sur le semestre. » Accor peut toujours compter sur d’abondantes liquidités (4 mil­liards d’euros à fin juin) et sur sa taille. « Des opérateurs de taille moyenne pourraient nous rejoindre, confie Sébastien Bazin. Nous discutons avec des propriétaires d’hôtels TravelLodge (en redressement, NDLR) en leur proposant de passer sous enseigne Ibis Budget. »



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