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Economie

Accord des Vingt-Sept sur le principe d’un plan de relance


Pour ne pas abîmer un peu plus l’image de l’Union européenne, il ne devait y avoir ni tensions ni querelles. Et il n’y en pas eu au cours de la visioconférence à laquelle ont participé jeudi après-midi les Vingt-Sept. Ce dont n’a pas manqué de se féliciter le président du Conseil européen, Charles Michel, qui garde un goût amer de la réunion du 26 mars durant laquelle les règlements de compte entre leaders s’étaient multipliés.

Sans surprise, les Vingt-Sept ont donné jeudi leur feu vert au paquet de 540 milliards d’euros de mesures immédiates âprement négocié ces dernières semaines par les ministres des Finances. Même chose pour la feuille de route consacrée à la stratégie de déconfinement des États membres préparée par la Commission. Mais, c’est avant tout sur le plan européen de relance que les chefs d’État et de gouvernement étaient attendus. Et, preuve que la nécessité de créer un tel instrument a bel et bien infusé, ils ont chargé la Commission de leur faire une proposition. «Il était clair pour tout le monde que nous avions besoin d’un tel fonds de relance», a admis la chancelière Angela Merkel à l’issue de la visioconférence. Il y a désormais un «consensus sur la nécessité d’une réponse rapide et forte», a estimé Emmanuel Macron. «Il y a un consensus sur la nécessité d’une réponse rapide et forte», s’est également réjoui l’Italien Giuseppe Conte.

Augmenter la puissance de feu

Sans doute faut-il voir dans ce consensus la conséquence d’«un vrai sens de l’urgence» ressenti chez les uns et les autres par Charles Michel. Au cours de la réunion, Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a évoqué un risque de décrochage susceptible de représenter jusqu’à 15 points de PIB à la fin de la crise. La balle est désormais dans le camp d’Ursula von der Leyen qui a promis de faire une proposition dans «la deuxième ou la troisième semaine de mai».

L’exécutif européen devra définir le montant de ce plan de relance, les secteurs prioritaires et les mécanismes. Pour Ursula von der Leyen, ce plan de relance devra être imbriqué dans le budget européen dont il faudra «augmenter la puissance de feu».

«Nos estimations actuelles des besoins nous amènent à penser qu’un plafond de ressources propres d’environ 2 % du revenu national brut pour deux ou trois ans au lieu de 1,2% sera nécessaire», a expliqué la présidente de la Commission après la réunion, affirmant qu’il n’était pas question pour ce plan de «milliards» mais bel et bien de «milliers de milliards ». Si les leaders se sont mis d’accord sur le principe d’un plan de relance, le chemin est encore long pour arriver à un compromis sur ses modalités. Car la réunion a aussi montré que d’importantes divergences subsistent entre les États membres. «Il y a aujourd’hui des désaccords qui demeurentsur les mécanismes (…) et sur la nature des transferts qui seront faits», a regretté Emmanuel Macron, en appelant à «une réponse solidaire, organisée et forte».

Les pays du Nord restent en effet opposés à l’idée d’accorder des subventions – et non des prêts — aux pays les plus touchés par la crise du coronavirus d’un point de vue sanitaire et économique, que sont l’Italie, l’Espagne mais aussi la France. Pour ces pays, il ne peut être question que de prêts.

«L’Autriche est également prête à faire preuve de solidarités pour la relance de nos économies. Nous devons le faire à travers des prêts. La mutualisation de la dette n’est pas acceptable», a tweeté le chancelier autrichien Sebastian Kurz à l’issue de la réunion. Même si l’Allemagne affirme vouloir mettre davantage d’argent dans le budget européen pour aider les économiques du bloc à se relancer, il n’est pas question non plus d’envisager des dettes mutualisées. Ursula von der Leyen, qui a promis d’échanger régulièrement avec les États membres avant la présentation de sa proposition, devra donc composer avec ces vents contraires. Jeudi soir, à l’issue de la visioconférence, la présidente de la Commission a ouvert la porte à une solution mixte, mêlant prêts et subventions.



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