Image default
Economie

Airbus explore les voies de la cryogénie et des supraconducteurs


Le géant européen lance le projet Ascend afin de tester sur des démonstrateurs l’impact de ces technologies sur les performances des avions.

Dans le cadre de ses recherches pour mettre en service le premier avion de ligne zéro émission d’ici à 2035, Airbus explore plusieurs voies. Parmi ces dernières, le recours à de l’hydrogène liquide en lieu et place du kérosène afin de générer assez d’énergie pour propulser l’avion. Le défi est immense.

Pour le relever, Airbus va tester plusieurs briques technologiques sur des démonstrateurs, afin d’avoir un éventail assez large pour choisir, d’ici trois ans, la bonne option afin de concevoir la future architecture de cet avion de nouvelle génération. À cet effet, le géant européen de l’aéronautique a lancé le projet Ascend qui vise à travailler sur la chaîne de propulsion électrique en testant des technologies du grand froid. «La question est de voir comment embarquer de l’hydrogène liquide maintenu à -250 degrés et comment utiliser le froid pour améliorer les performances de la propulsion 100% électrique ou hybride», résume Ludovic Ybanez, chef de ce projet au sein d’Airbus Up Next, filiale tech du groupe.

Réduction par deux du poids des systèmes électriques

Le projet Ascend s’appuie sur les technologies cryogéniques et des supraconducteurs. «Si l’on refroidit à -200 le cuivre et l’aluminium soit par cryogénie, soit par les supra-conduction, on constate qu’il est possible de transporter une grande quantité d’énergie sans effet de perte thermique », explique cet ingénieur spécialisé en génie électrique, passé par Safran et Airbus en Allemagne, avant de rejoindre Airbus Up Next l’année dernière. Autres impacts intéressants de ces technologies : une réduction par deux du poids des systèmes électriques – ils peuvent représenter plusieurs tonnes sur un avion de ligne ; et 100 kilos sur un taxi volant – et une amélioration du rendement du carburant.

L’objectif est de tester laquelle de ces deux technologies répond le mieux à l’impératif de réduire, voire de supprimer, les émissions de CO2. «D’ici trois à quatre ans, nous aurons une idée plus claire de leurs performances après les avoir testées sur des démonstrateurs», indique le chef du projet. Une équipe resserrée d’une quinzaine de personnes, associant des ingénieurs d’Airbus et des spécialistes et chercheurs venus du Japon, de Suède ou encore d’Italie, s’est montée pour faire avancer ce projet. Des relations et des échanges sont aussi noués avec des laboratoires en Europe mais aussi aux États-Unis, en Russie et en Chine.

Partenariat avec des start-up et PME

«C’est avant tout un projet européen qui bénéficie de la dynamique d’Airbus qui veut stimuler et développer un écosystème européen. Mais nous avons aussi besoin de travailler avec le monde académique international. Mais les découvertes seront protégées», souligne Ludovic Ybanez. Le projet Ascend bénéficie de financements d’Airbus ainsi que des États français, britannique et allemand. Des discussions sont aussi en cours pour obtenir des crédits auprès de la Commission européenne dans le cadre du fonds Clean Aviation.

Ascend noue aussi des partenariats avec des start-up et des PME telle que la pépite française qu’Absolut System, basée à Grenoble. Elle travaille sur les technologies cryogéniques appliquées aux industries spatiale et aéronautique.



Source link

Autres articles

La BCE va donner un coup d’accélérateur à ses rachats de dette

administrateur

Travaux : combien ça coûte vraiment ?

administrateur

où se situe la France par rapport aux autres pays d’Europe?

administrateur

British Airways prévoit de supprimer 12.000 emplois

administrateur

les syndicats dénoncent un «effet d’aubaine» avec la pandémie

administrateur

Comment un jardin de 100 m² a fait capoter une vente immobilière

administrateur