Image default
Economie

Amazon rouvre ses entrepôts en France jeudi en espérant profiter du regain d’attrait pour l’e-commerce


Fin du feuilleton ! Les entrepôts français d’Amazon rouvrent leurs portes ce jeudi. Les infrastructures de la firme américaine étaient fermées dans notre pays depuis un mois, à la suite d’une décision de justice lui enjoignant de restreindre l’activité de ses entrepôts à certaines catégories de produits, en attendant de pallier des manquements liés à la sécurité sanitaire des salariés. Estimant ne pas pouvoir satisfaire cette exigence, l’entreprise avait préféré poursuivre son activité en France depuis les pays voisins.

Amazon reprend donc le cours «normal» de ses activités en France, et pourrait bien profiter du formidable succès du commerce en ligne depuis le début du confinement, qui semble très bien parti pour perdurer.

2,5 millions de nouveaux «e-clients»

Selon une enquête menée par le cabinet spécialiste en consommation Nielsen, l’e-commerce représentait plus de 10% du marché des produits frais et de grande consommation en avril, contre 7% juste avant le confinement et 6% en 2019. L’autre observateur du secteur, Kantar et son panel Worldpanel, note que 2,5 millions de nouveaux clients ont testé l’e-commerce au mois de mars, et que le secteur a enregistré 71 % de trafic et 83 % de chiffre d’affaires supplémentaire en avril. Des niveaux évidemment records. «Depuis le début du confinement, un quart des foyers fait au moins un achat alimentaire par mois sur internet. Avant, il fallait compter une année pour atteindre ce chiffre», explique Daniel Ducrocq, directeur du département distribution chez Nielsen.

Mais ces nouveaux consommateurs vont-ils devenir des habitués de l’e-commerce une fois la vie «normale» revenue ? «Une bonne partie des consommateurs qui auront essayé la livraison vont continuer à fréquenter ces circuits-là», assure Daniel Ducrocq.

«Les notes de satisfaction des tout nouveaux clients de l’e-commerce sont très bonnes, appuie Gaëlle Le Floch, directrice marketing chez Kantar. Il y a une bienveillance générale de la part de ces clients qui n’avaient pas osé franchir le pas avant, par paresse ou par peur de la nouveauté, mais qui se rendent compte que ce n’est pas compliqué et bien pratique. On imagine que cette croissance de l’e-commerce va perdurer.» Nielsen estime que 8 à 8,5 % du marché des produits de grande consommation pourrait être durablement réservé à l’e-commerce, soit une croissance de 1 à 1,5 point par rapport aux mois qui ont précédé le confinement.

«Petit acteur»

Ce nouvel engouement va-t-il profiter durablement au géant Amazon, qui a récemment annoncé viser 175.000 nouveaux salariés aux États-Unis pour répondre à la flambée de la demande ? «Très certainement, mais pas autant que certains autres acteurs, notamment dans l’alimentaire», explique-t-on chez Nielsen. «Dans l’agro-alimentaire, Amazon reste un assez petit acteur en France, remarque Daniel Ducrocq. On en parle beaucoup parce qu’ils font peur aux acteurs classiques, mais ils sont très mineurs sur l’e-commerce alimentaire. Même s’ils ont beaucoup d’ambition, ils ont encore une énorme marge de progression…»

À l’inverse, la société de Jeff Bezos est très largement leader en France sur le secteur de l’e-commerce hors grandes surfaces alimentaires. Mais sur ce marché, les ventes pourraient ne pas bondir autant que dans l’alimentaire. «L’e-commerce était déjà très fort sur l’équipement de la maison donc la marge de progression est moindre, explique encore Daniel Ducrocq. De plus, on a vu les queues pour aller à la Fnac dès le 11 mai, on sait que cela fait toujours partie du rituel d’achat que de se rendre en magasin pour certains produits.»

Perte de confiance

Un autre élément pourrait toutefois compliquer la tâche d’Amazon à l’heure de la réouverture de ses entrepôts : le fait que les consommateurs semblent lui accorder une confiance moindre par rapport à d’autres acteurs du secteur.

«On a demandé à notre panel s’ils faisaient confiance à tel ou tel acteur au fil du confinement, explique Gaëlle Le Floch. Les réponses concernant la grande distribution ont toujours été très favorables, avec des directeurs d’enseignes jugés exemplaires en termes de sécurité, d’hygiène, de pédagogie… En revanche, concernant Amazon et d’autres acteurs semblables, la cote de confiance était plutôt bonne les deux premières semaines avant de se détériorer durablement par la suite. C’est probablement lié aux nombreux reportages où les salariés d’Amazon ont expliqué ne pas avoir été équipés à temps. La responsabilité sociale des entreprises (RSE) est aujourd’hui un élément clé pour le client.»

Contactée, la firme américaine assure de son côté qu’elle «travaille activement pour reprendre une activité normale, dans l’intérêt de nos clients en France, de nos collaborateurs et des TPE et PME françaises qui comptent sur Amazon pour développer leur activité».



Source link

Autres articles

Il faut relancer le débat sur le temps de travail, selon l’Institut Montaigne

administrateur

les entreprises vont demander de la souplesse à leurs salariés

administrateur

vers un retour en force de la voiture ?

administrateur

quelles règles pour les parents à partir du déconfinement le 11 mai ?

administrateur

guerre des mots entre EDF et Total

administrateur

Sur le modèle du livret A, Éric Woerth propose un livret C pour relancer l’économie, de quoi s’agit-il ?

administrateur