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Finance

Amundi, la success story de la gestion d’actifs européenne



Publié le 11 févr. 2021 à 6:15

En mariant leurs gestions d’actifs début 2010, Crédit Agricole et Société Générale avaient réalisé une opération inédite dans le paysage bancaire européen. Onze ans plus tard, Amundi est le numéro un du secteur en France et en Europe. A l’échelle mondiale, le groupe figure dans le Top 10 des grandes gestionnaires avec 1.729 milliards d’euros d’encours à fin 2020, contre seulement 670 milliards à sa création. Cette réussite est en grande partie l’oeuvre d’Yves Perrier, l’ancien patron de Crédit Agricole Asset Management. Ce dirigeant à poigne laissera en mai la direction générale d’Amundi à Valérie Baudson .

C’est notamment Yves Perrier qui a piloté l’ introduction en Bourse de la société de gestion fin 2015. Depuis, la capitalisation boursière d’Amundi a quasiment doublé, passant de 7,5 à 13 milliards d’euros. C’est presque l’équivalent de la valeur de la Société Générale dans son ensemble. La banque de La Défense est sortie du capital d’Amundi à l’occasion de la cotation, tandis que Crédit Agricole SA en détient encore 70 %. Amundi, qui reste un contributeur important aux bénéfices de la Banque verte (12 % en 2019), a presque doublé ses profits en cinq ans. En 2020, la crise sanitaire l’a toutefois empêché d’atteindre la barre du milliard de profits, avec 910 millions d’euros de bénéfice net (-5,2 % sur un an).

Fusions contre accords de distribution

Cette performance financière est en grande partie liée à la croissance externe. En 2017, Amundi a racheté Pioneer , filiale de la banque italienne UniCredit, pour 3,5 milliards d’euros. « Au cours des trois dernières années, il y a eu quelques opérations de fusions-acquisitions de grande envergure impliquant des gestionnaires d’actifs basés dans l’Union européenne – Amundi/Pioneer, Janus/Henderson , Standard Life/Aberdeen et Invesco/Oppenheimer, expliquent les analystes d’UBS dans une note récente. Sur ces quatre transactions, seule l’opération Amundi/Pioneer est réellement une réussite. Les autres ont abouti à une sous-performance significative des entreprises concernées. » La principale clé du succès ? Un accord de distribution de dix ans conclu avec UniCredit.

L’an dernier, Amundi a aussi renforcé son poids sur le marché espagnol en rachetant le gestionnaire de la banque locale Sabadell, avec là aussi un accord de distribution. En parallèle, il a renégocié pour cinq ans celui qui le lie à Société Générale, mais cette dernière commence, ce mois-ci, à ouvrir ses réseaux de détail et de banque privée à des gérants tiers. Enfin Amundi décline son modèle de partenariat en Asie, avec la création d’une coentreprise avec Bank of China l’an dernier.

Partisan d’un modèle très intégré, contrairement à l’ approche multiboutique de Natixis , Amundi se distingue par une forte maîtrise des coûts. Son coefficient d’exploitation (ratio des charges sur revenus) est l’un des meilleurs du secteur et oscille entre 50 et 54 % au gré des années. Mais au-delà de son organisation opérationnelle au cordeau et de ses développements informatiques, le coeur de réacteur pour Yves Perrier, le groupe doit aussi prouver sa capacité à innover dans la gestion.

Numéro cinq des ETF en Europe

Les actifs obligataires et monétaires, peu rémunérateurs en période de taux bas, représentent encore 60% des encours en raison du poids des fonds en euro de l’assurance vie chez ses actionnaires historiques. Les actifs réels, alternatifs et structurés à forte marge pèsent seulement 92 milliards.

Dans la gestion passive, autre segment très porteur mais à faible marge, Amundi s’est hissé à la cinquième place européenne dans les produits indiciels cotés (ETF) avec 64 milliards d’euros d’actifs. Mais il reste très loin derrière le mastodonte BlackRock. C’est la raison pour laquelle il lorgne Lyxor , filiale de Société Générale et numéro deux des ETF sur le continent, actuellement en vente.



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