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Finance

Après la flambée du printemps, le crédit aux entreprises commence à ralentir



Publié le 27 juil. 2020 à 13h02

Un signe de retour à la normale pour les entreprises ? La Banque de France vient de publier ses chiffres sur les crédits aux entreprises pour le mois de juin, prolongés jusqu’au 10 juillet.

Comme depuis le mois de mars, la production est restée impressionnante, tout en marquant un net ralentissement : la hausse a ainsi été deux fois moins importante en juin qu’en mai, à 14,2 milliards d’euros contre 28,4 milliards d’euros.

Ces chiffres restent bien loin de l’augmentation mensuelle moyenne constatée ces trois dernières années qui est de 4,5 milliards d’euros.

Gigantesques besoins de trésorerie

Dans le détail, ce sont les crédits de court terme qui soutiennent ces variations, les entreprises ayant besoin de trésorerie gonflées à bloc pour traverser l’épreuve du confinement.

La production a ainsi augmenté de 10,3 milliards d’euros en juin, après des hausses de 24 milliards d’euros en mai ou encore 27,3 milliards d’euros en mars, ce qui porte leur croissance annuelle à 30 %. Sur les dix premiers jours de juillet, le rythme freine toujours davantage, avec une augmentation inférieure à 2 milliards d’euros.

A nouveau, malgré ce recul, les crédits de trésorerie demeurent à un niveau très élevé, bien au-delà de celui d’avant-confinement. Entre janvier 2017 et février 2020, leur hausse mensuelle était de seulement 600 millions d’euros. Mais les prêts garantis par l’Etat – comptabilisés comme des prêts de trésorerie – ont dopé les chiffres.

« Les prêts garantis par l’Etat représentent une part importante de ces crédits de trésorerie, alors qu’ils ne comptent en temps normal que pour 20 % des crédits aux entreprises », rappelle un excellent connaisseur. Au 26 juin, l’encours des PGE atteignait déjà 105,6 milliards d’euros, soit plus d’un tiers de l’enveloppe totale prévue d’ici la fin de l’année.

Reprise de l’investissement

Effet mécanique, l’autre grande famille de crédit, ceux destinés à financer des investissements sur le plus long terme , continue de voir leur poids diminuer dans l’évolution des crédits aux entreprises avec une hausse de seulement 1,1 milliard d’euros en juin contre 3,8 milliards d’euros en mai. Ils se situent dans leur rythme d’augmentation mensuelle observée depuis janvier 2017.

Ils pourraient toutefois reprendre du poids d’ici la fin de l’année : fin 2020, les entreprises pourront opter pour un remboursement immédiat de leur PGE, ou alors pour un étalement du remboursement sur cinq ans. Le PGE deviendrait ainsi une ressource longue, et serait comptabilisé par la Banque de France comme un crédit d’investissement.

Reste à savoir, si – au-delà de cet effet d’écriture – l’appétit des entreprises pour les projets de long terme – sera bien revenu.



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