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Economie

après Renault, Volkswagen annonce à son tour sa mise en examen en France


Le géant allemand de l’automobile conteste «tout préjudice» pour les consommateurs français.

Renault mardi, Volkswagen mercredi, d’autres constructeurs bientôt? Le géant de l’automobile allemand, par qui le scandale du «dieselgate» est arrivé, a été mis en examen pour «tromperie» en France, tandis que son ancien patron est mis en accusation pour faux témoignage en Allemagne. Au lendemain de l’annonce par Renault de sa mise en examen, Volkswagen, qui conteste «tout préjudice» pour les consommateurs français, a annoncé dans un communiqué mercredi sa mise en cause en France, confirmant une information d’Europe 1.

Son ancien patron Martin Winterkorn a, lui, été mis en accusation à Berlin pour faux témoignage devant une commission d’enquête parlementaire sur ce scandale retentissant de moteurs truqués, a indiqué mercredi le parquet allemand. En France, une source judiciaire a confirmé à l’AFP la mise en examen de Volkswagen le 6 mai pour «tromperie sur les qualités substantielles d’une marchandise entraînant un danger pour la santé de l’homme ou de l’animal».

Actions en justice

Selon cette source judiciaire, Volkswagen a été placé «sous contrôle judiciaire avec obligation de déposer un cautionnement d’un montant de 10 millions d’euros et obligation de constituer une sûreté sous forme de garantie bancaire pour un montant de 60 millions d’euros». Le dieselgate, qui a donné lieu à des actions en justice dans de nombreux pays, a déjà coûté 30 milliards d’euros à Volkswagen, en grande partie aux États-Unis où le groupe allemand a plaidé coupable de fraude en 2017.

Volkswagen avait reconnu à l’automne 2015 avoir équipé 11 millions de ses véhicules diesel d’un logiciel capable de dissimuler des émissions dépassant parfois jusqu’à 40 fois les normes autorisées.

Autres mises en cause

Les enquêtes sur ce scandale ont longtemps été ralenties par une bataille judiciaire devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). En France, les investigations de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avaient mis en évidence «le caractère intentionnel de la fraude» de Volkswagen. Le gendarme de Bercy relevait, dans un procès-verbal du 11 février 2016 dont l’AFP avait eu connaissance, que près de 950.000 véhicules diesel, équipés du dispositif frauduleux, avaient été écoulés par le groupe allemand sur le territoire français.

Mais la société conteste toute culpabilité dans ce dossier et estime qu’après avoir déjà payé en Allemagne en 2018 une «amende d’un milliard d’euros pour des faits allégués identiques», une «double condamnation (…) devrait être proscrite» en France. «Pour Volkswagen AG, les faits examinés par la justice française sont inclus et identiques à ceux déjà tranchés en Allemagne, mais les juges d’instruction nous ont répondu qu’il fallait selon eux poursuivre les investigations avant de se prononcer définitivement sur ce sujet», a déclaré Nicolas Huc-Morel, avocat du constructeur, à l’AFP.

La société a d’ores et déjà contesté cette analyse des magistrats devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. Son recours est en attente d’examen. «Tous les éléments semblent confirmer les infractions commises par les différents constructeurs. Les propriétaires de véhicules lésés ne comprennent pas qu’il n’y ait pas un procès le plus rapidement possible», a réagi François Lafforgue, avocat des associations «Écologie sans frontières», «Respire» et d’une centaine de propriétaires de véhicules.

Le scandale du «dieselgate» fait l’objet de différentes informations judiciaires en France. Celle concernant Volkswagen est ouverte depuis le 16 février 2016. Deux autres constructeurs, PSA (Peugeot-Citroën) et Fiat Chrysler, désormais mariés dans le groupe Stellantis, sont susceptibles d’être mis en examen à leur tour en France et devraient être interrogés très prochainement, selon des sources concordantes. La mise en examen est une étape préalable à un éventuel procès en France.

Déjouer les tests

Le dieselgate occupe également la justice allemande. L’ancien patron du groupe Martin Winterkorn est accusé d’avoir «sciemment menti» à des députés sur le moment à partir duquel il a eu connaissance de la présence dans les moteurs des voitures VW de logiciels illicites, selon un communiqué du parquet mercredi à Berlin. L’accusation estime qu’il a su «dès mai 2015» que les voitures étaient capables de déjouer les tests antipollution, là où M. Winterkorn a expliqué au Parlement n’en avoir eu connaissance qu’en septembre 2015. Il doit déjà être jugé en Allemagne, avec d’autres responsables du groupe aux 12 marques, lors d’un procès-fleuve à partir de septembre pour «fraude en bande organisée».

À VOIR AUSSI – Volkswagen : comprendre le scandale du «Dieselgate» en 3 minutes



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