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Finance

Assurance crédit : l’Allemagne met 30 milliards d’euros de garantie



Jusqu’ici tout va bien : la vague de faillites n’est pas encore arrivée en Allemagne. Le nombre des nouvelles procédures a même diminué de 13,4 % en mars comparé à mars 2019, a annoncé lundi l’institut allemand de statistiques, Destatis.

Il s’agit surtout de l’effet du bouclier déployé par l’Etat pour aider les entreprises, s’empresse d’ajouter l’institut. Un rebond risque d’arriver d’ici quelque mois. Euler Hermes, la filiale d’assurance crédit d’Allianz, pronostique en effet une hausse des faillites de 25 % aux Etats-Unis et 19 % en Europe.

Deux tiers des primes reversées à l’Etat

L’Allemagne s’attend tellement à ce retour de boomerang qu’elle a déployé début avril un programme provisoire de garantie à l’assurance-crédit. Avec deux objectifs : d’abord empêcher les chaines d’approvisionnement de sombrer dans le sillage des futures faillites et les défauts de paiement, et ensuite relancer la pompe à exportations qui tire l’économie allemande.

Le gouvernement a convenu avec les assureurs crédits du secteur privé d’un paquet de garanties jusqu’à 30 milliards d’euros entre mars et fin 2020. En contrepartie, les assureurs-crédit s’engagent à maintenir en grande partie le volume annuel de lignes de 400 milliards d’euros, supportent eux-mêmes des pertes pouvant aller jusqu’à 500 millions d’euros et assument des risques de défaillance qui dépassent la garantie fédérale. Enfin, ils cèdent deux tiers de leurs primes de 2020 à l’Etat fédéral. En 2019, ils avaient collecté pour 817 millions d’euros de primes.

En approuvant le dispositif le 14 avril, la Commission européenne avait notamment salué cette « juste rémunération » de l’Etat. La « garantie du gouvernement permet aux assureurs de prendre des risques plus élevés que ceux qui seraient justifiés par l’évaluation réelle des risques », se félicite la fédération des assureurs GDV.

En France, ce système fait des envieux. « Le dispositif allemand partage mieux les pertes entre l’Etat et les assureurs, qui ne peuvent pas perdre tout leur capital, constate un dirigeant français. On peut mieux travailler en Allemagne qu’en France ».

Pas de chèque en blanc pour les « zombies »

A ce « tournant pour l’économie allemande », « nous devons veiller à ce que les entreprises autrefois saines continuent à disposer d’une marge de manoeuvre suffisante », a commenté le président du directoire d’Euler Hermes, Ron van het Hof.

Pas question en revanche de signer un chèque en blanc pour les entreprises qui ne faisaient que survivre grâce aux taux d’intérêt bas. Ces entreprises « zombies » seraient plus de 13.000, selon les estimations de Euler Hermes et la situation va « être encore plus tendue avec le corona », souligne Ron van het Hof.



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