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Finance

Assurance-vie : les rendements tomberont à 1% cette année



L’exception de 2019 devrait devenir la règle en 2020. Selon les estimations de Facts & Figures, le taux moyen servi des fonds en euros des contrats en assurance-vie pourrait osciller entre 1 % et 1,1 % cette année, net de frais de gestion, contre 1,33 % en 2019. L’an dernier, plusieurs assureurs, comme Swiss Life et Generali , avaient défrayé la chronique en communiquant un taux de rendement de 1 % sur leurs fonds en euros. L’évolution des taux d’intérêt, qui sont à nouveau négatifs pour la dette publique française, ne plaide pas en faveur d’une remontée des rendements. La baisse devrait se poursuivre mais jusqu’à une certaine limite.

« Nous allons vers un atterrissage du taux servi sur un plancher de 0,5 à 0,7 % d’ici deux à trois ans », estime Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Facts & Figures. Selon l’expert, le nouveau dispositif permettant d’intégrer la provision pour participation aux bénéfices (PBB) dans le ratio de solvabilité pourrait jouer un rôle d’amortisseur à la baisse des rendements. Conséquence : à capital égal, les assureurs-vie peuvent davantage prendre de risque sur les portefeuilles, en augmentant par exemple la part investie dans les actions, pour aller chercher davantage de rendement.

Le fonds en euros indissociable de l’assurance-vie

La baisse observée des rendements depuis dix ans inquiète sur l’avenir des fonds en euros. Au premier semestre, la forte décollecte nette sur l’assurance-vie , soit 5 milliards d’euros, s’explique avant tout par la faiblesse de la collecte sur les fonds en euros, qui n’est pas compensée par une hausse de la collecte sur les unités de compte, investis en actions. Toutefois, le « désamour » des Français n’est pas encore acté, comme en témoigne la stabilité des retraits ces deux dernières années.

« Le fonds en euros est indissociable de l’assurance-vie, juge Cyrille Chartier-Kastler. Une grande majorité d’épargnants recherche avant tout un placement sécurisé ». En clair, sans fonds en euros, beaucoup de Français n’auront pas d’intérêt à investir dans de l’assurance-vie ( excepté les gros patrimoines ). « Le fonds en euros à capital garanti sera toujours demandé par les clients même s’il ne rapporte rien. Un taux de 0 % reste une garantie », confirme Yohann Niddam, associé chez Périclès, un cabinet de conseil.

Moins de garanties sur le capital

Les assureurs eux-mêmes en sont pleinement conscients. Ils multiplient les initiatives pour préserver le fonds en euros. La principale repose, paradoxalement, sur la limitation de la collecte afin de freiner la dilution des rendements. Ces fonds représentent en effet un immense stock de 1.400 milliards d’euros. Autre initiative, la plupart des assureurs basculent leurs contrats d’une garantie du capital « net de frais » en une garantie « brut de frais », ce qui permet, en théorie, d’imputer les frais de gestion sur le capital.

Cet « habillage », conforme au Code des assurances, permet de ne plus garantir à 100 % le capital, et donc de réduire le besoin de fonds propres requis. Cet été, la société d’assurances Spirica, filiale de Crédit Agricole Assurances, a même été encore plus loin : elle a arrêté de commercialiser ses anciens fonds en euros pour proposer à ses clients un nouveau contrat avec une garantie du capital à 98 %. Une petite révolution dans le monde de l’assurance-vie qui risque de faire tache d’huile.

Enfin, les assureurs incitent leurs clients à investir dans des contrats en unités de compte (UC) aux côtés du fonds en euros, souvent selon une clé de répartition de 30-70. Cette stratégie a cependant ses limites : à force de privilégier les unités de compte, dont les frais de gestion restent élevés, l’épargnant pourrait préférer investir directement dans un compte titres, comme le PEA. D’ailleurs, la bonne tenue des unités de compte dans les chiffres de l’assurance-vie est plus apparente que réelle : elle s’explique en effet davantage par la chute de la collecte des fonds en euros que par un boum sur les unités de comptes. Pour les assureurs, l’avenir des fonds en euros passe par leur diversification. 



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