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Economie

atterrés, les restaurateurs dénoncent leur «sacrifice»


Après de longues semaines de fermeture, les restaurateurs espéraient, cet été, un retour progressif à la normale. Le retour de l’épidémie et les nouvelles mesures annoncées progressivement sont venus briser net cet espoir. L’instauration d’un couvre-feu dans plusieurs métropoles françaises, dont Paris, ainsi que l’appel du gouvernement à limiter les déplacements et les rencontres a mis un nouveau coup de massue à ces professionnels déjà rudement éprouvés.

«Cette décision équivaut à une fermeture de nos établissements», ont immédiatement réagi plusieurs organisations représentatives de l’hôtellerie-restauration, dont le Syndicat de la restauration thématique (SNRTC), le Groupement des indépendants hôtellerie et restauration (GNI) et l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih). Le couvre-feu sera «lourd de conséquences pour le secteur», avertissent les institutions, déplorant une «fermeture déguisée».

«Nous n’avons pas évité le pire : à force, nous n’en sommes plus loin !», soupire le patron de l’Umih Paris-Île-de-France, Franck Delvau, interrogé par Le Figaro. «C’est la mort des restaurants à Paris le soir. Dans la capitale, les gens arrivent à 21h, on ne mange pas avec les poules. Une très grande majorité d’établissements vont donc fermer le soir, vers 18h», faute d’une clientèle suffisante avant l’instauration du couvre-feu, explique le représentant.

Un choc violent, financier et moral, pour les restaurateurs

Remonté, Franck Delvau estime que la fermeture des restaurants et bars «ne va pas empêcher certains de continuer à faire la fête, dans des appartements transformés en boîte de nuit, sans aucun protocole sanitaire». Autant d’événements privés propices à la propagation du virus, sans aucun contrôle. Le représentant va jusqu’à comparer cette situation à un «retour de la prohibition». «Je me mets à la place des jeunes : ce n’est pas facile d’avoir 18 ans en 2020. Mais je ne pense pas que ces mesures vont les empêcher de faire la fête», ajoute-t-il.

Même choc du côté du président national des restaurateurs à l’Umih, Hubert Jan. «On ne s’attendait pas à ça», commente-t-il, atterré. «C’est sacrifier les restaurants», s’insurge-t-il. Selon lui, le couvre-feu condamne le service du soir «puisque à 20h15, tous vos clients et salariés doivent être dehors». «Et avec un seul service, celui du midi, on ne tient pas, autant fermer», se désole-t-il. Lui demande au gouvernement de mettre en place «un dédommagement à 100%, sans retenue et sans effet de seuil».

Des aides et précisions attendues

Pour la profession, de nombreuses zones d’ombre demeurent : les clients des hôtels pourront-ils dîner dans le restaurant de l’établissement après 21h, ou devront-ils rester dans leur chambre ? Quid de la livraison, les restaurants pourront-ils travailler avec des plateformes comme Uber Eats ou Deliveroo après le couvre-feu ? Comment la nouvelle application Tous anti-Covid va-t-elle fonctionner avec les bars et restaurants ? Un client peut-il partir à 20h55 d’un restaurant, ou doit-il être forcément chez lui ? «Tout cela n’est pas clair», regrette Franck Delvau, avant d’appeler tous les Français à venir dîner dans les restaurants avant la mise en place du couvre-feu.

L’Umih et ses semblables comptent demander des aides supplémentaires à l’État pour traverser cette nouvelle vague. Les organisations attendent Emmanuel Macron au tournant sur ce point : «On va améliorer la réponse économique à ces professionnels», avec des «dispositifs de soutien supplémentaires» dans les métropoles concernées, a déclaré ce soir le chef de l’État. L’urgence est réelle, soulignent les représentants : «on ne peut pas attendre un mois que les aides soient votées. Il faut qu’on les ait dès demain, dès lundi», avance-t-on à l’antenne francilienne de l’Umih. Parmi les pistes avancées figure le renforcement du fonds de solidarité, l’exonération des charges patronales ou encore la prise en charge des pertes d’exploitation par les assureurs ou une réflexion sur la prise en charge des loyers. «Le chômage partiel ne suffira pas», avertit l’Umih.

Ce soir, les professionnels concernés sont donc dépités et sous le choc. Fermer le soir était, pour eux, inconcevable. «Je pensais qu’il n’oserait pas instaurer un couvre-feu», commente ainsi un professionnel. Inquiets pour leur avenir, ils ne cachent pas leur colère : malgré tous leurs efforts et les protocoles sanitaires stricts mis en place ces dernières semaines, l’avenir ne cesse de s’assombrir. «Une fois de plus, notre profession trinque, et pas dans le bon sens», résume Franck Delvau, la voix éteinte.



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