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Finance

Au Japon, l’ancien «baron» français du bitcoin Mark Karpelès révolté contre sa peine de prison avec sursis



C’est l’autre Français en guerre contre le système judiciaire japonais. Mais si Carlos Ghosn a préféré fuir, fin 2019, pour se réfugier au Liban avant ses grands procès, Mark Karpelès, l’ancien patron de la plate-forme d’échanges de cryptomonnaies MtGox, envisage, lui, une énième bataille frontale à Tokyo après avoir été condamné, jeudi, en deuxième instance, à deux ans et demi de prison avec sursis pour avoir manipulé des données informatiques de son entreprise. ‘Cette condamnation est une décision regrettable’, explique aux Echos l’informaticien de 34 ans, qui doit décider, dans les deux semaines, s’il porte son affaire devant la Cour suprême japonaise. ‘J’évalue les options avec mes avocats’, confie-t-il.

Faillite spectaculaire de MtGox

Disposant de moyens beaucoup plus limités que ceux de l’ancien patron de Renault et Nissan, qu’il a rencontré à plusieurs reprises l’an dernier, Mark Karpelès voudrait que la justice nippone ne retienne aucune charge contre lui à l’issue d’une saga qui a débuté en 2014, lors de la faillite spectaculaire de MtGox.

Lançant à l’époque une grande enquête sur cette déroute et sur le vol de plus de 630.000 bitcoins des comptes de la plate-forme, la police a d’abord soupçonné le dirigeant d’être responsable de cette disparition et le parquet l’a placé en détention d’août 2015 à juillet 2016. Ne parvenant toutefois pas à prouver son implication dans ce piratage, qui était en réalité mené depuis des années par un hacker russe, les procureurs l’avaient finalement inculpé sur trois autres charges pour lesquelles il risquait une peine de dix ans d’incarcération et de travaux forcés.

Niant toute malversation, Mark Karpelès avait été acquitté , l’an dernier en première instance, des charges de détournement de fonds et d’abus de confiance mais avait été condamné pour avoir ‘falsifié des données informatiques ». Le tribunal lui avait notamment reproché d’avoir eu connaissance des activités, sur la plate-forme, d’un automate de trading, baptisé par les experts « Willy Bot », pour acheter régulièrement de gros volumes de bitcoins afin d’en faire augmenter artificiellement la valeur.

La Haute Cour, qui devait statuer sur la validité de cette première décision, a confirmé, jeudi, la condamnation malgré les nouvelles explications de l’accusé et de ses conseils qui ont tenté de démontrer qu’il ne pouvait en aucun cas avoir agi contre l’entreprise dont il était le seul directeur et le propriétaire à 88%. ‘Cela crée un dangereux précédent qui permet aux procureurs de définir la ‘volonté’ d’une société et de poursuivre un dirigeant pour avoir enfreint cette volonté’, s’inquiète Mark Karpelès.

Centre de Kosuge

Comme lors du premier jugement, le Français écope d’une peine de prison avec sursis qui ne pourrait déboucher sur un incarcération que s’il venait à être impliqué dans un autre délit dans les quatre prochaines années. L’informaticien, qui a retrouvé une vie normale à Tokyo, avait beaucoup souffert de son année de détention provisoire passée dans une cellule de commissariat de la capitale puis dans les étages du centre de Kosuge, où Carlos Ghosn avait été, plus tard, incarcéré.

Militant depuis pour une évolution de la procédure japonaise, il avait, comme beaucoup, espéré que la médiatisation de l’affaire de l’ancien patron franco-libanais permettrait d’enclencher certaines réformes décisives. Ces espoirs de libéralisation se sont toutefois envolés avec la fuite de l’ancien dirigeant, qui a redonné de la voix aux conservateurs, ravis de pouvoir expliquer que leur système n’était finalement pas assez sévère.



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