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Finance

Au Royaume-Uni, Boris Johnson veut lâcher la bride sur le crédit immobilier



Publié le 8 oct. 2020 à 13:10

Alors que la France durcit ses règles sur l’octroi des crédits immobiliers pour éviter les prises de risques inconsidérées, le Royaume-Uni s’apprête au contraire… à ouvrir grand les vannes du crédit aux primo-accédants !

Boris Johnson a ainsi promis mardi, à l’occasion de la grande conférence annuelle du parti conservateur, de transformer « la génération location en génération achat », en facilitant l’accès aux crédits immobiliers nécessitant un très faible apport de l’emprunteur. L’objectif est d’aider « 2 millions de personnes » à devenir propriétaires-occupants, soit « la plus grande expansion depuis les années 80 », s’est-il félicité.

Le Premier ministre britannique a donné peu de détails sur les modalités de la réforme. Tout juste en a-t-il donné le principe, en promettant que les acheteurs se verraient désormais offrir « la chance de souscrire un crédit hypothécaire de long terme, à taux fixe, jusqu’à concurrence de 95% de la valeur de leur logement ».

Le schéma exact reste à arrêter. Selon le « Daily Telegraph », le gouvernement pourrait, en pratique, choisir de desserrer les règles que doivent observer les banques pour octroyer leurs crédits, par exemple en renonçant au critère de prix abordable (« affordability ») mis en place par le régulateur après la crise financière.

Mais il faudrait pour cela un geste de la Banque d’Angleterre ou du régulateur du secteur financier, la FCA. Selon le « Financial Times », il pourrait aussi intervenir en garantissant les banques contre un éventuel défaut du primo-accédant, en se disant alors prêt à les rembourser à hauteur d’une partie des pertes.

Un marché qui s’est refermé

La FCA ne plafonne pas outre-Manche le montant du prêt par rapport à celui de l’achat immobilier – elle préfère se concentrer sur la capacité de l’emprunteur à rembourser ses mensualités. Quelque 400 produits n’exigeant que 5% de dépôt initial existaient ainsi avant le confinement décrété le 23 mars à cause de la pandémie.

Mais le marché s’est en pratique totalement refermé pour ce type de prêts depuis, les banques étant de plus en plus frileuses devant les risques de krach immobilier. HSBC ou Santander ont par exemple renoncé à proposer tout prêt couvrant 90% ou 95% de la valeur du bien. Et les primo-accédants doivent désormais batailler ferme pour obtenir un emprunt sans mettre sur la table un apport d’au moins 15% de l’achat visé.

Les banques inquiètes

D’où l’inquiétude des banques, que l’annonce du Premier ministre a visiblement pris de court. « Nous avons le devoir de prêter de manière responsable et de regarder si le prêt reste abordable à long terme, en aidant les particuliers à éviter les risques découlant d’une situation nette négative », a prévenu Eric Leenders, directeur général en charge des finances personnelles chez UK Finance, qui défend les intérêts des banques.

Reste à savoir si la mesure profitera bien aux primo-accédants, dont elle risque de renchérir le coût du crédit. Les promoteurs immobiliers, eux, se frottent déjà les mains. Les cours de Bourse des trois plus gros (Taylor Wimpey, Barratt Developments et Persimmon) ont bondi d’environ 5% depuis l’article du « Daily Telegraph » où la nouvelle a fuité.



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