Image default
Finance

Au Royaume-Uni, la réforme de l’audit critiquée alors qu’elle franchit une nouvelle étape



Publié le 13 juil. 2021 à 11:57

Pour tourner la page des scandales comptables, Londres souhaite revoir ses règles d’audit. Mais sa réforme lancée en février reste sous le feu des critiques, alors qu’elle a franchi une nouvelle étape la semaine dernière, avec la clôture de la consultation menée par le ministère des Entreprises, de l’Energie et de la Stratégie Industrielle. Ce tour de table fait ressortir des inquiétudes dans les milieux économiques qui pointent un alourdissement des contraintes administratives, au moment même où le gouvernement leur a promis un Brexit libérateur du carcan de l’UE.

C’est pourtant un « Brexiter » de la première heure qui est paradoxalement à l’origine de cette consultation. Kwasi Kwarteng, nommé secrétaire d’Etat en janvier dernier, a qualifié le Brexit d’ « opportunité unique » pour son pays.

Les critiques les plus virulentes viennent de l’organisation Quoted Companies Alliance, qui défend les intérêts des petites et moyennes entreprises cotées. Dans un sondage Yougov réalisé auprès de ses membres , 59 % de ses adhérents estiment que les mesures proposées vont avoir un impact sur leur croissance. Une très large majorité des entreprises (90 %) et des investisseurs (81 %) pensent que les propositions pourraient dissuader certains de devenir administrateurs dans une société. La conformité, au lieu de prendre un tiers du temps lors des conseils d’administration, pourrait selon certains mobiliser près de la moitié des réunions.

Scandales comptables

Plusieurs scandales comptables se sont succédé au Royaume-Uni, justifiant une remise à plat des règles. Il y a d’abord eu la faillite de BHS en 2016 , puis celle du groupe de BTP Carillon en 2018 , dans lesquelles les commissaires aux comptes ont été accusés de ne pas sonner assez vite l’alerte. En janvier dernier, l’auditeur des salons de thé Patisserie Valerie, Grant Thornton, s’est retrouvé devant les tribunaux , poursuivi par les liquidateurs pour négligence dans ses audits.

Parmi les propositions du gouvernement, figure la possibilité de rendre les administrateurs personnellement responsables de l’exactitude des comptes , une règle inspirée de la loi Sarbanes-Oxley adoptée aux Etats-Unis après l’affaire Enron. Le gouvernement reprend également une préconisation du régulateur, le Financial Reporting Council (FRC), en faveur d’une séparation opérationnelle entre les métiers d’audit et de conseil des « Big Four ». Enfin, il s’agit de créer un nouveau régulateur indépendant aux pouvoirs plus étendus pour enquêter et si besoin sanctionner.

Réduire les fraudes et les faillites

Sur certains aspects, la réforme est néanmoins bien accueillie par les investisseurs. Près de 81 % d’entre eux considèrent qu’elle leur permettra d’accéder à des informations financières plus précises et 58 % d’entre eux pensent qu’elle contribuera à réduire les fraudes et les faillites, selon ce même sondage Yougov. Le forum indépendant des comités d’audit ( « ACCIF » ) a lui aussi souligné les progrès que représentent ces propositions mais considère que « toutes ne sont pas nécessaires pour atteindre l’objectif du gouvernement ».

Quant aux « big four », ils restent vent debout contre la mesure visant à partager les missions d’audit avec des cabinets de plus petite taille. Cette proposition « crée des problèmes de mise en oeuvre et pose un risque de doublons dans le travail, et d’accroissement des coûts pour les entreprises, et des possibles difficultés pour identifier les filiales au Royaume-Uni concernées », a notamment réagi KPMG dans un communiqué.



Source link

Autres articles

Covid : les marchés boursiers s’envolent après l’annonce de Pfizer sur son vaccin

administrateur

Wirecard : dix questions sur le scandale financier qui secoue l’Allemagne

administrateur

La reprise économique américaine porte les résultats des banques

administrateur

L’euro approche le seuil psychologique de 1,20 dollar

administrateur

Naissance d’un géant italien des paiements électroniques

administrateur

CAC 40 : la rotation des mandats des commissaires aux comptes se fait attendre

administrateur