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Finance

Au Royaume Uni, l’idée d’une «bad bank» émerge, face aux risques de défaut des PME



Près de la moitié des 608.000 petites entreprises britannique qui ont eu recours au prêt garanti par l’Etat pourraient ne jamais rembourser leur dû, qui s’élève à 18,5 milliards de livres. C’est l’estimation alarmiste que dressent les banques au Royaume-Uni, où se profilent selon elles des centaines de milliers de faillites de petites entreprises.

Selon trois dirigeants de banques interrogés par le « Financial Times » , entre 40% et 50% des emprunteurs ayant souscrit au programme gouvernemental de prêts garantis par l’Etat pourraient au final faire défaut. Des emprunteurs ayant reçu en moyenne 30.000 livres chacun, dans un système où les prêts sont garantis à 100% par l’Etat mais plafonnés à 50.000 livres et limités à 6 ans.

Risque de réputation et casse-tête logistique

Les banques qui ont le plus prêté dans le cadre de ce programme (Lloyds, Royal Bank of Scotland, HSBC et Barclays) sont protégées par la garantie à 100% de l’Etat britannique. Mais elles s’inquiètent des risques d’image et du cauchemar logistique que représenteraient pour elles d’éventuelles poursuites à l’encontre de la multitude de PME qui s’avéreront en bout de course insolvables.

Si rien n’est exigible, et aucun intérêt n’est facturé auprès des emprunteurs au cours des 12 premiers mois, il a toujours été clair que les prêts devront être in fine remboursés. Et c’est sur les banques que repose la responsabilité de poursuivre les mauvais payeurs.

Le Trésor britannique a demandé aux établissements bancaires de suivre la même approche que d’ordinaire pour procéder au recouvrement des crédits. Mais au moment de l’octroi des prêts, il leur avait recommandé d’alléger leurs vérifications habituelles sur le profil des emprunteurs, afin d’accélérer le versement. Selon un dirigeant bancaire, un quart des prêts n’aurait ainsi tout simplement pas été accordé dans les conditions habituelles.

Appel à la création d’une « bad bank »

Alors que des voix s’élèvent, chez les députés conservateurs, partageant les inquiétudes des banques sur ce qui s’annonce comme un dossier politiquement embarrassant pour le gouvernement, d’autres appellent à la création d’une « bad bank », à l’image de Sajid Javid, l’ex-ministre des Finances de Boris Johnson.

« Il faut que les banques soient capables de prêter dans la période de reprise, a-t-il dit dans un entretien au « Financial Times » . C’est la raison pour laquelle envisager une structure de type bad bank a du sens ». Il propose d’alléger les bilans des banques de certains prêts si elles s’engagent à continuer de prêter à l’économie, pour l’aider à se remettre de la pandémie.

La Banque d’Angleterre avait prédit, début mai, que le virus infligerait au Royaume-Uni la pire récession qu’il ait connue en 300 ans. Elle avait aussi assorti sa prévision d’un avertissement : les banques ne feront qu’aggraver la situation si elles cherchent à endiguer leurs pertes en réduisant les crédits.



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