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Economie

Avant leur audition, les patrons des Gafa démentent tout abus de position dominante


De notre correspondant à Washington

Honni soit qui mal y pense. Les patrons d’Apple, Alphabet, Amazon et Facebook, convoqués par la sous-commission judiciaire de la Chambre des représentants, spécialisée dans les affaires anti-trust, plaident «non coupable» d’abus de position dominante. Les 13 membres de la commission, dont David Cicilline, représentant démocrate de Rhode Island, est le président, cherchent un moyen d’adapter aux marchés numériques les lois américaines sur la concurrence.

«Ces plateformes ont été autorisées à agir impunément, dégagées de toutes contraintes. Notre responsabilité est de démontrer clairement les impacts du manque de concurrence sur les marchés numériques» résume David Cicilline qui travaille depuis plus d’an à recueillir les témoignages d’entreprises qui s’estiment victimes de concurrence déloyale de la part des géants de la technologie.

Avant que les auditions commencent à Washington mercredi en début d’après-midi, selon un format de téléconférence en raison de la pandémie du Covid-19, Tim Cook pour Apple, Sundar Pichai pour la maison mère de Google, Jeff Bezos pour Amazon et Mark Zuckerberg pour Facebook ont publié leurs arguments sur le site de la commission.

La gratuité mise en avant

Tous tentent de convaincre que leurs empires rendent d’énormes services, bien souvent gratuits pour leurs usagers, et sont en outre déjà soumis aux forces de la concurrence. «Facebook donne aux petites entreprises et aux entrepreneurs individuels un accès à des outils sophistiqués qui auparavant étaient réservés aux plus grands acteurs… dans la vente de publicités nous sommes face à une concurrence significative. Nous sommes ainsi en concurrence avec les entreprises qui sont invitées à ces auditions» résume Mark Zuckerberg.

«Amazon représente moins d’1% du marché mondial des ventes de détail et moins de 4% du marché américain… Tous les jours Amazon est en concurrence avec de grands acteurs bien établis, comme Target, Costco, Kroger et bien sûr Walmart, une entreprise qui a plus de deux fois notre taille… Walmart a vu ses ventes en ligne grimper de 74% au premier trimestre. Et les clients de plus en plus se rallient aux services inventés par d’autres et qu’Amazon ne peut pas égaler en termes d’échelle, avec de grandes chaînes qui offrent des services de collecte de commandes ou de reprise de marchandises à côté de leurs magasins», plaide Jeff Bezos. Amazon reste néanmoins, de loin, leader des ventes en ligne avec plus de 40% du marché.

Mais ce n’est pas tellement sur ce terrain que les membres de la commission entendent pousser Jeff Bezos et ses collègues dans leurs retranchements. Pour Amazon la question clé est : la plateforme profite-t-elle des données qu’elle recueille sur les ventes de produits de marque pour développer des produits concurrents sous sa propre marque et ainsi évincer ensuite les articles originaux ?

Pour Google le dossier brûlant est sa domination de tous les outils informatiques de placement de publicités numériques. Cet avantage favorise les sites de Google et conforte sa position de leader due à sa maîtrise d’Android, le logiciel qui fait fonctionner l’immense majorité des smartphones dans le monde. Pour Apple, le défi est de contrer les accusations selon lesquelles le contrôle total de la firme californienne sur son Apple Store lui permet d’exiger des conditions exorbitantes des développeurs d’applications. Facebook pour sa part est accusé de tuer ses rivaux potentiels soit en les rachetant, comme WhatsApp et Instagram, soit en copiant leurs idées.

Les Gafa avantagés par la crise sanitaire

Le contexte de ces auditions est particulier et peut avantager les titans de la technologie. Le confinement qui se prolonge sous diverses formes et semble déboucher sur une nouvelle manière de travailler pour des millions de personnes dans le monde a en effet rendu encore plus importants et plus utiles les services de ces entreprises.

WhatsApp (qui appartient à Facebook) permet de communiquer gratuitement et de manière encryptée à des dizaines millions de personnes confinées. Google avec ses diverses applications permet d’échanger des documents de travail et de dialoguer avec des collègues ou des proches, pour un coût dérisoire et avec un haut degré de fiabilité.



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