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Finance

« Avec Aviva, nous doublerons de taille »



Publié le 23 févr. 2021 à 8:30

Pourquoi achetez-vous Aviva France ?

Adrien Couret : L’ambition est de faire d’Aéma Groupe l’un des premiers acteurs français de l’assurance, protégeant près de 12 millions de personnes avec des métiers complémentaires : l’assurance dommages avec la Macif, l’assurance santé/prévoyance avec Aésio, l’épargne patrimoniale et l’assurance professionnelle avec Aviva. Nous reprendrons l’intégralité du périmètre d’Aviva France, sans cession d’actifs.

Pascal Michard : Aéma Groupe voit dans cette acquisition l’opportunité de réaliser son projet mutualiste, capable d’offrir une palette complète de services. Il s’agit pour nous d’une vision industrielle de long terme, construite dans le respect des différentes marques et parties prenantes.

En quoi cette acquisition vous renforce-t-elle ?

AC : Demain, Aéma Groupe sera parmi les cinq premiers assureurs du marché français et l’un des deux plus grands groupes mutualistes. Aujourd’hui, il pèse 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Avec Aviva, nous doublerons de taille ; soit 16 milliards d’euros de chiffres d’affaires, 12 millions d’assurés et plus de 20.000 salariés avec des expertises extrêmement pointues et diversifiées. Cette opération nous fait clairement changer de dimension sur le marché de l’assurance-vie, où avec près de près de 90 milliards d’euros d’encours, nous serons dans le top 5 du marché français. Par ailleurs, l’acquisition d’Aviva France nous permettra de développer l’axe stratégique du marché des entreprises.

Une opération de cette taille c’est du jamais vu pour vous. Comment allez-vous procéder ?

AC : Vous avez raison : des opportunités de cette ampleur sont rares. Sur le marché français, cela se produit une fois par décennie si ce n’est moins. D’où l’enjeu qui consistait à être assez réactif pour la saisir. Pour financer cette acquisition à 3,2 milliards d’euros, nous allons nous appuyer sur notre solidité en fonds propres (7 milliards d’euros aujourd’hui) et recourir à de l’endettement externe avec une levée de dette subordonnée de 1,75 milliards d’euros. Les étapes suivantes qui nous attendent sont classiques, notamment l’agrément des différentes autorités de contrôle. Nous sommes confiants sur le fait que l’opération pourra aboutir avant la fin de l’année.

La solidité financière du groupe pourrait-elle en souffrir ?

AC : Non. Le groupe qui en résultera sera solide sur le plan économique, avec près de 11 milliards d’euros de fonds propres. Post-acquisition, il aura un niveau d’endettement similaire à celui des grands acteurs du marché et un ratio de solvabilité confortable , supérieur à 165 %. Grâce à la dynamique d’Aviva France, nous visons d’ici à quatre ans un ratio de solvabilité compris entre 190 et 200%, comparable donc à ceux de nos grands concurrents.

Le prix de 3,2 milliards d’euros que vous proposez semble être inférieur à ceux de vos concurrents. Votre projet a-t-il fait la différence ?

AC: Je n’ai pas de commentaires à faire sur les offres concurrentes. Je crois juste que nos partenaires britanniques ont été sensibles à la qualité du contenu, à la cohérence du projet, à l’alignement des parties prenantes en France autour de notre vision mutualiste ; et à la sécurité que nous apportons vis-à-vis du corps social comme de l’ensemble des autorités compétentes.

Quel est le risque pour Aéma des contrats à cours connus d’assurance-vie ?

AC: Ce sujet a bien été identifié . Nous avons établi avec le groupe Aviva un mécanisme de partage des risques qui plafonne l’exposition d’Aéma dans des proportions marginales. Le prix global inclut l’ensemble des accords.

Comment comptez-vous intégrer Aviva France dans votre groupe ?

PM: Juridiquement, ce sera une filiale de Macif, sachant que la philosophie de notre groupe est de respecter l’autonomie de ses différents métiers et marques. Aviva France sera une branche d’activité à part entière.

Vous envisagez forcément de faire de synergies…

AC: Des synergies pourront naître au fil du temps. A titre d’illustration, on peut envisager des logiques de partages sur les réseaux de soins, les garages agréés, les experts en assurance et des vues communes sur du pilotage technique. L’important, c’est que cette feuille de route, nous la construirons avec les équipes d’Aviva France. Aéma groupe, c’est d’abord la conjonction de modèles performants, ce n’est pas un modèle d’entreprise unique.

Que doivent attendre les quelques 760.000 épargnants de l’Afer ?

AC: Nous croyons à la convergence naturelle entre l’ADN mutualiste d’Aéma Groupe et les valeurs associatives de l’Afer . Nous nous rejoignons par exemple sur la défense du fonds euros. Nous ne sommes pas de ceux qui voudraient imposer à la place le « tout unités de comptes ». Nous sommes attachés à la liberté de choix. Toutefois, il va falloir réinventer l’assurance-vie et avec cette opération, nous nous positionnerons comme un acteur majeur de cette réinvention. Avec l’Afer, nous pourrons mener un travail commun fructueux, dans les mois qui viennent, à ce sujet.

Aéma est un groupe hybride, avec un assureur dommages mutualiste, des mutuelles santé, une nouvelle société anonyme. Une usine à gaz ?

PM: Non, c’est une création originale au service d’un projet destiné à inventer l’assurance de demain. Les sceptiques avaient déjà mis en doute notre capacité à créer Aéma Groupe entre Macif et Aésio. Nous avons répondu par les actes, ce qui nous permet aujourd’hui de procéder à une nouvelle étape majeure. Pour nous, la diversité dans l’assurance est source de richesse. Aéma est un groupe cohérent. Nos forces sont l’indépendance, la stabilité, la projection dans le long terme, le souci de la responsabilité sociale et environnementale. Avant tout, nous sommes au service de nos sociétaires et de nos adhérents. Mutualistes et fiers de l’être.

Donc vous n’avez pas l’intention à terme, de coter le groupe en Bourse ou d’aller à l’international ?

PM: Nous n’irons pas en bourse. Aéma change de taille et d’ambition, oui, mais pas de modèle. Quant à l’international, ce n’est pas à l’ordre du jour. Nous engageons une opération structurante, nous allons nous concentrer sur sa bonne exécution.



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