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Economie

Avec la crise, les TPE-PME sont devenues des mauvais payeurs


En difficulté, les petites entreprises tardent à payer leurs fournisseurs. Le médiateur des entreprises met en garde contre un phénomène qui risque de ralentir la reprise.

La crise sanitaire a fait des TPE et PME des mauvais payeurs. C’est ce qui ressort du premier baromètre trimestriel BVA pour le comité de crise des délais de paiement, publié ce jeudi. Selon cette enquête, réalisée en fin d’année dernière, 13% des 600 chefs d’entreprises interrogés ont constaté un allongement des règlements reçus de la part de leurs clients en novembre par rapport à la même période l’année précédente. Fait marquant : 81% des sondés affirment que ces retards sont le fait de structures de moins de 250 salariés.

Dans le détail, 54% des retards de paiement concernent des entreprises de moins de 10 salariés et 27% des sociétés de 10 à 249 salariés. «Nous avons fait un travail de titan auprès des ETI et des grands groupes afin qu’ils payent mieux leurs fournisseurs. Ces efforts ont payé. Mais en fin d’année, les PME subissaient encore des retards de paiement. Elles ont à leur tour eu du retard dans le paiement de leur facture. C’est une réaction en chaîne», décrypte Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises.

Cette situation a été particulièrement vraie pendant le deuxième confinement de novembre qui a aggravé les difficultés de paiement rencontrées par les TPE et PME. Durant ce mois, 16% des entreprises interrogées affirment avoir constaté un allongement des délais de paiement par rapport à octobre. «Globalement, nous avons passé l’état de crise et sommes revenus à une situation beaucoup moins dégradée que ce que nous avons connu au début de la crise. Mais le deuxième confinement a eu un effet certain sur les retards de paiement», constate le médiateur.

«Vigilance»

Autre fait inquiétant mis en lumière par le baromètre : la recrudescence des «pratiques non coopératives» en novembre. Il s’agit des «délais excessifs dans la validation du travail», en hausse entre octobre et novembre 2020 selon 42% des entreprises sondées, ou encore «les bons de commande tardifs» (31%) ou «la modification du contrat» (28%). La hausse de ces pratiques, qui permettent de retarder les paiements de manière détournée, avait déjà été constatée et dénoncée au printemps dernier par le comité de crise sur les délais de paiement.

Tous ces éléments appellent à une grande «vigilance» dans les mois qui viennent, affirme le médiateur des entreprises. «Si c’est la fin d’une vague, on peut le comprendre. Autrement, si cette situation perdure, on peut penser qu’il y a un syndrome de précaution chez les PME. Elles se disent ‘je préfère garder l’argent plutôt que le verser’. Et dans ce cas, il faut agir car la précaution met en danger le fournisseur», prévient Pierre Pelouzet. La situation sera surveillée de près par le comité de crise sur les délais de paiement qui, avec les organisations interprofessionnelles (AFEP, CPME, MEDEF, U2P), tient des réunions toutes les trois semaines. Le baromètre fera également le point sur la situation auprès des entreprises chaque trimestre de cette année.

Pas de sanctions

À ce stade, le comité de crise n’appelle pas à sanctionner les PME qui tardent à payer leurs fournisseurs. «Face à une PME qui a peur, il vaut mieux rassurer et la faire venir en médiation, lui rappeler les aides dont elle peut bénéficier», explique le médiateur des entreprises. Ce dernier incite les petits fournisseurs qui subissent ces problèmes de paiement à saisir ses équipes pour «rétablir un dialogue et trouver des solutions, réenclencher la machine».

«On a corrigé le tir sur les grands acteurs. On a amélioré la situation en amont donc je pense qu’à l’avenir, la situation va se désengorger pour l’ensemble de la chaîne. Nous avons des PME et TPE qui tiennent le coup grâce aux aides et des entrepreneurs motivés. La clé va être d’assurer la solidarité économique et le paiement des factures en temps et en heure. Nous avons les clés en main pour avoir une belle reprise si tout le monde joue le jeu. Si cela coince en haut, au milieu ou à la fin, ça ne marchera pas», prévient Pierre Pelouzet.



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