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Economie

baisse en trompe-l’œil au mois de mai


Décidément, c’est à y perdre son latin ! Après avoir explosé de près de 1,1 million sur les mois de mars et avril, le nombre d’inscrits en catégorie A à Pôle emploi a… fondu de 149.900 en mai, indique ce jeudi midi la Dares, le service statistique du ministère du Travail: la plus forte baisse enregistrée depuis la création de la série en 1996! Le nombre de chômeurs en catégorie A demeure toutefois à un niveau très élevé, à plus de 4,4 millions, en France entière hors Mayotte.

Cette baisse, en fait, est logique et était attendue. Mai a été le mois du confinement avec une reprise, même très partielle, de l’emploi et notamment des petits boulots. Résultat, des demandeurs d’emploi qui s’étaient retrouvés les mois précédents sans aucune activité et avaient basculé en masse en catégorie A (inscrits sans activité) sont repartis de là où ils venaient, c’est-à-dire en catégories B et C qui recensent les demandeurs d’emploi qui ont travaillé plus ou moins de 78 heures dans le mois.

Ces deux catégories de Pôle emploi ont en effet vu le nombre de leurs inscrits bondir de 210.800 en mai. «Les personnes en intérim ou contrat court qui avaient été assez rapidement démobilisées les mois précédents semblent avoir été remobilisées tout aussi rapidement», indique la Dares. Au bout du bout, les effectifs dans les trois premières catégories – et c’est le vrai indicateur du chômage en mai, ou tout du moins le plus probant – a donc augmenté donc de 61.000 le mois dernier, contre 209.300 en avril.

Ces chiffres sont le signe du redémarrage progressif de l’activité mais la situation reste difficile

Muriel Pénicaud, ministre du Travail

Cette hausse en A, B et C intervient, précise la Dares, dans un contexte de baisse des entrées à Pôle emploi (-66.000) et de rebond des sorties (+82.800), cohérent avec la reprise de l’activité liée au déconfinement de la population et la reprise progressive de l’activité dans les entreprises. «Malgré ces évolutions, les entrées restent supérieures aux sorties, si bien que le nombre d’inscrits dans ces catégories augmente de nouveau en mai», note le ministère. Au total, le nombre d’inscrits dans ces trois catégories dépasse les 6 millions. Du jamais vu.

La hausse des sorties concerne tous les motifs, notamment les reprises d’emploi déclarées et les entrées en stage et formation (les entrées en catégorie D augmentent notamment de 6%). La poursuite du recul des entrées vient notamment des entrées pour fin de CDD et fin de mission d’intérim qui, dans les deux cas, rejoignent leurs niveaux d’avant-crise après deux mois très élevés. Cela démontre également – ou confirme c’est selon – que les vagues d’inscriptions à Pôle emploi post-licenciements et plans sociaux ne sont pas encore arrivées dans les agences. Et pour cause, les restructurations dures dans les entreprises ne sont pas attendues avant la rentrée de septembre et le contrecoup sur le chômage avant l’automne.

«Ces chiffres sont le signe du redémarrage progressif de l’activité mais la situation reste difficile, a commenté le ministère du Travail dans la foulée de la publication des données de mai. Le déconfinement a mené mécaniquement à une reprise de l’emploi dans un certain nombre de secteurs comme le BTP, les commerces, les services à la personne, le transport et la logistique. L’enjeu est désormais d’accompagner et d’amplifier cette reprise de l’activité, tout en continuant à protéger les entreprises et les travailleurs les plus fragiles».



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