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Finance

Banque: la patronne de Santander appelle à durcir la réglementation des entreprises de tech



Publié le 4 janv. 2021 à 16:42

Quand la banquière la plus puissante d’Europe prend la plume un 4 janvier, et évoque les ambitions des géants de la tech en matière de services financiers, ce n’est pas pour leur souhaiter une bonne année. Bien au contraire.

« La réglementation favorise désormais les entreprises technologiques qui offrent des services financiers intermédiaires par rapport aux banques », dénonce Ana Botin, la présidente du géant bancaire Santander, dans une tribune parue lundi dans le «Financial Times».

Ubérisées dans les paiements

La dirigeante – qui appelle plus largement à une « réinitialisation » de la réglementation bancaire – demande un encadrement plus strict des acteurs de la tech. « Nous devons uniformiser les règles du jeu – non pas pour donner un avantage aux banques, mais pour supprimer l’avantage dont bénéficient les entreprises technologiques depuis dix ans », insiste-t-elle.

En matière de paiement, « les établissements financiers doivent donner aux entreprises technologiques l’accès aux données générées par leurs clients si ces derniers sont d’accord », rappelle la patronne de la deuxième banque de la zone euro par les actifs, qui demande la réciproque. « Cette exigence doit s’appliquer aux données détenues par tous les secteurs, y compris les entreprises technologiques ».

Les banques se sont faites « ubériser » dans le paiement bien avant d’autres services, car pendant des années, elles n’ont pas perçu la valeur ajoutée des données, et pratiqué des marges indolores mais importantes.

La concurrence reste en revanche plus limitée dans le crédit aux particuliers et aux entreprises. Mais cela commence tout de même à inquiéter la dirigeante.

Racheter ou pactiser

« Les grandes entreprises technologiques deviennent des plateformes de prêt sans avoir à se conformer à la plupart des réglementations bancaires », estime-t-elle, citant un récent décompte de la banque des règlements internationaux (BRI) : l’an dernier, les crédits accordés par les fintech et Big Tech (comme Amazon, Apple Facebook, Alibaba/Ant, Yandex…) auraient atteint 795 milliards de dollars dans le monde.

Ces dernières années, les financiers « traditionnels » ont plutôt retenu leurs critiques à l’égard des entreprises de tech : il était possible de racheter les plus petits, ou de pactiser avec les plus grands. Ces voies restent possibles, mais la concurrence entre les deux secteurs mûrit, d’où des prises de position plus explicites.

Il y a deux semaines, Oliver Bäte, le patron de l’assureur Allianz a appelé à un encadrement plus sévère des fintechs, dans le sillage du scandale Wirecard . Selon lui, cette affaire reflète un problème général, au-delà du cas particulier. « Il nous faut une régulation pour ce que les gens font plutôt que pour ce qu’ils disent qu’ils font », a-t-il déclaré dans le « Financial Times ».

A ce jour, les gendarmes financiers encadrent les fintechs via une série de statuts dédiés, mais ils tentent désormais de développer une vision plus globale des géants de la tech.



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