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Finance

Bataille à la tête de la banque d’affaires Messier Maris



Duel au sommet chez Messier Maris, la boutique de fusions acquisitions. A peine plus d’un an après être passée à 66 % dans le giron de l’italien Mediobanca, la maison indépendante engrange des mandats (PSA lors de sa fusion avec Fiat, les jardins d’enfants Babilou, le centre de certification automobile Utac…). Mais, en coulisse, les tensions entre les deux associés, Erik Maris et Jean-Marie Messier, sont exacerbées, de sources concordantes.

Appelé en arbitre, le patron de Mediobanca, Alberto Nagel – lui-même sous pression en Italie avec la montée de Leonardo Del Vecchio au capital de sa banque -, a fait le déplacement en juin au siège de la banque d’affaires parisienne. Mais sans trancher en faveur de l’un ou l’autre, insiste-t-on au sein de la banque d’investissement italienne.

« Mediobanca est certes le premier actionnaire, mais la gestion est entre leurs mains. Cela doit se régler entre les deux associés », insiste une source interne à la banque milanaise, soulignant l’enjeu pour les deux partenaires : « Nous n’avons versé qu’un tiers du prix [166 millions d’euros, NDLR]. Tout le reste dépendra des résultats qu’ils sont capables de dégager. » Et donc de leur capacité à faire cause commune. Mediobanca a payé le prix fort pour reprendre la boutique française en 2019, avec une valorisation équivalente à 11 fois ses bénéfices.

Série de vetos

Au coeur des tensions latentes depuis des mois, selon plusieurs sources, le veto qu’aurait exercé Jean-Marie Messier sur des décisions de rémunération et promotions internes de jeunes associés, et sur la fermeture, si ce n’est la forte réduction de voilure, du bureau de New York.

Des blocages qui auraient poussé Erik Maris à demander les clés opérationnelles de la banque d’affaires et une prise de champ de l’ex-patron de Vivendi avec un rôle de « senior advisor ». « Jean-Marie Messier est notre principal banquier et ne sera pas nommé ‘senior advisor’ », répond une source au sein de la banque transalpine. Pas question non plus de changer le nom de la franchise en MM&Co ou Mediobanca Partners comme cela a pu être évoqué afin d’officialiser une quelconque nouvelle gouvernance, affirme-t-on.

Les passes d’armes ne sont pas nouvelles entre les deux francs tireurs du M&A, alliés depuis les années Lazard puis lors de la saga d’acquisitions de Jean-Marie Messier chez Vivendi. A ce jour, Erik Maris s’est en réalité révélé le plus tenace des associés de l’homme d’affaires, après l’échec du tandem de Jean-Marie Messier avec Fatine Layt. S’en est suivi une série de départs au sein de Messier Maris & Associés avec la star du conseil en restructurations François Guichot-Pérère, de François Roussely, et Fadi Laham.

Mandat PSA

Un premier « clash » a failli mettre fin à l’aventure en 2017, quand Jean-Marie Messier a tenté de s’allier, sans réelle concertation avec son associé, avec Bernard Mourad, l’ex-banquier de Patrick Drahi . Ce nouveau duo avait suscité des remous en fustigeant publiquement le modèle des banques d’affaires. Un coup d’éclat qui s’est soldé par le départ de Bernard Mourad après quelques mois.

De quoi éprouver la patience d’Erik Maris. A compter de cette date, son nom a commencé à circuler dans plusieurs processus de recrutement senior, comme pour la direction du fonds Advent à Paris et celle de Wendel .

La cession au prix fort de leur banque d’affaires en pleine ascension à Mediobanca a rapproché les deux associés en avril 2019. Mais le mandat décroché par Erik Maris auprès de PSA dans le cadre de son rapprochement à 50 milliards d’euros avec Fiat en décembre dernier a, d’après plusieurs sources, renversé le rapport de force. Sans faire plier Jean-Marie Messier.



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