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Finance

BBVA vend sa filiale américaine pour mieux grossir en Espagne



Publié le 16 nov. 2020 à 13:48Mis à jour le 16 nov. 2020 à 15:41

BBVA tourne la page de l’aventure américaine. La banque espagnole a annoncé lundi avoir cédé sa filiale aux Etats-Unis au groupe de Pittsburgh PNC, pour 11,6 milliards de dollars (9,7 milliards d’euros). L’opération est la plus importante sur le marché américain depuis que BB&T a acheté SunTrust pour 28 milliards de dollars en février 2019, formant ce qui est maintenant Truist.

L’accord pourrait ouvrir la porte à la création d’un nouveau géant bancaire outre-Atlantique, avec près de 560 milliards de dollars d’actifs et une présence dans une vingtaine d’états.

Il bénéficierait de la bonne complémentarité des réseaux de PNC, qui opère essentiellement dans le quart nord-Est du pays jusqu’à Chicago, et de BBVA, dont le siège est en Alabama, et qui est actif surtout dans le Sud, de la Floride jusqu’au Texas, au Nouveau Mexique ou en Californie.

Avec 634 agences, la filiale américaine de BBVA est un peu plus grosse que celle de BNP Paribas, BancWest, qui en compte 534. Le groupe espagnol a déclaré que le prix de vente représentait 20 fois les bénéfices 2019 de sa filiale et près de 50% de sa capitalisation boursière globale. D’autres européens, comme Deutsche Bank ou HSBC, réduisent aussi leur présence aux Etats-Unis.

Recentrage sur le marché ibérique

La vente de sa branche américaine, acquise en 2004, permet à BBVA d’élever son ratio de fonds propres CET1 de 11,5 % à 14,5 % et apportera 580 millions d’euros de bénéfice net.

En Espagne, l’annonce de l’opération est perçue comme le signal du recentrage de BBVA sur le marché ibérique, même si le groupe conserve ses activités au Mexique et en Turquie. L’action bondissait de plus de 19 % lundi à Madrid et les analystes anticipent déjà de futures acquisitions .

Le président de BBVA, Carlos Torres, s’est refusé à commenter les rumeurs, mais il souligne que la vente vient renforcer la flexibilité stratégique du groupe pour faire face aux opportunités, investir « de façon rentable sur nos marchés » et « augmenter la rémunération de l’actionnaire ». Le but est notamment d’effectuer un programme de rachat d’actions, qui aurait cependant besoin de l’accord de la Banque centrale européenne (BCE).

Rapprochement avec Banco Sabadell

BBVA se place donc en première ligne pour reprendre le bal des fusions ouvert par l’union entre CaixaBank et Bankia, qui doit être effective au début du mois de décembre. Le mouvement le plus attendu serait maintenant un rapprochement entre BBVA et Banco Sabadell, numéro 5 sur le marché espagnol. Des conversations informelles entre les deux entités avaient été ouvertes en septembre, mais jusque-là le manque de capital était le grand obstacle pour le rachat.

La manne américaine arrive à point pour résoudre le problème et la bourse saluait l’annonce avec une hausse de 14 % de l’action de Sabadell. Mise en difficulté par la crise du Covid, la banque catalane cherche activement un partenaire, encouragé par les appels à la consolidation lancés par la BCE. Si BBVA est présenté comme favori au rachat, d’autres combinaisons sont évoquées, comme une union avec Abanca ou, encore, pourquoi pas avec la nouvelle alliance CaixaBank-Bankia.



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