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Economie

Biden veut augmenter les impôts des riches pour financer une nouvelle politique sociale


Le président propose au Congrès un «Plan pour les familles américaines» de quelque 1800 milliards de dollars.

De Washington

Devant un hémicycle peuplé de seulement 200 personnes, essentiellement des parlementaires, au lieu des 1600 élus et leurs invités traditionnellement conviés en temps normal, Joe Biden devait présenter mercredi soir son «Plan pour les familles américaines». Son adoption par le Congrès suppose des changements importants dans la fiscalité et des hausses d’impôts, ce qui promet de compliquer le débat.

Le taux marginal de taxation fédéral des revenus passerait de 37% à 39, 6% pour les contribuables déclarant au moins 400.000 dollars de revenus par an. Cela concernerait théoriquement moins de 2% des foyers. En tenant compte de la surtaxe de 3, 8% en place depuis 2013, pour financer la réforme de la santé (Obamacare), et des taux d’imposition étatiques de l’ordre de 12% en vigueur dans de nombreux territoires, ainsi que ceux de villes comme New York qui atteignent 3, 88%, on approcherait donc des prélèvements marginaux de 60%, dignes de ceux en vigueur en Europe.

Les foyers aisés, écœurés du populisme de Donald Trump et qui ont voté pour Joe Biden, convaincus qu’il pratiquerait une politique centriste, s’alarment. Le nouveau président demande aussi une forte majoration de la taxation sur les plus-values. Remontée à 23, 8% depuis les années Obama, elle passerait au niveau de taxation des revenus ordinaires, soit à 39, 6% pour les plus riches. Wall Street s’en inquiète: ce genre de réforme est de nature à précipiter des ventes massives sur de nombreuses valeurs, notamment dans la haute technologie, avant que la majoration de taxe devienne effective.

L’impôt redeviendrait le correcteur des inégalités

L’approche du Président Biden marque le retour à Washington de la redistribution fiscale. Cette politique qui est la norme en Europe, avait été dénigrée et abandonnée sous Ronald Reagan, largement refusée par Bill Clinton, timidement réessayée sous Barack Obama et radicalement écartée sous Donald Trump. Elle consiste à ne pas chercher simplement des ressources fiscales pour financer des programmes censés aider les catégories défavorisées, voire les classes moyennes. Elle vise en même temps à sanctionner l’enrichissement jugé excessif et inégalitaire. Surtout au moment de la transmission de patrimoine par héritage.

Pour les républicains, c’est de «l’ingénierie sociale» qui ne peut que décourager l’innovation et la prise de risque. À leurs yeux cette forme de «socialisme» revient à spolier les entrepreneurs des fruits de leur réussite. Au nom de la lutte contre les inégalités, on subventionnerait la médiocrité, générerait de la stagnation en déresponsabilisant les citoyens.

Les républicains arguent que jusqu’à ce que frappe la pandémie, les baisses d’impôts mises en place par Donald Trump ont permis de restaurer le plein-emploi et de faire reculer la pauvreté. Ils jugent qu’en mars 2020, avant que le confinement déclenche une violente récession, les forces du marché stimulaient des hausses de salaires plus fortes chez les plus défavorisés que pour les classes moyennes.

Gratuité de crèches et d’études supérieures

Selon la presse américaine, citant des informations communiquées confidentiellement par les proches du président, le nouveau plan de Joe Biden se chiffre sur 10 ans à près de 1800 milliards de dollars. Il fait suite à un plan de 1900 milliards de dollars couvrant la relance de l’économie, déjà adopté début mars, et à un autre de 2225 milliards relatif à des dépenses «d’infrastructure» qui est encore loin d’être voté.

Joe Biden argue qu’il épargnerait les classes moyennes de hausses d’impôts car il ne vise que les plus riches. Il propose d’user de ces ressources pour financer nombre de programmes sociaux. Parmi ceux-ci, on dénombre la gratuité des crèches pour quelque 5 millions d’enfants, la gratuité d’études supérieures pendant deux ans dans des universités publiques (community colleges) ou encore la prise en charge de longues périodes de congés maladie, des crédits d’impôts pour couvrir la garde d’enfants lorsque leurs parents travaillent, la réduction des primes d’assurance-maladie sur le marché.



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