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Economie

Bill Ackman contraint de revoir son projet d’acquisition de 10%


Les investisseurs ainsi que le gendarme boursier américain ont émis des doutes sur le recours au Spac du financier américain pour mener à bien l’opération.

L’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers a mis son véto. Les actionnaires de Pershing Square Tontine Holdings (PSTH), le Spac du financier américain Bill Ackman, ont dû revenir sur l’accord signé avec Vivendi le mois dernier pour l’acquisition d’une part de 10% de sa filiale Universal Music Group (UMG). L’opération, proche d’un montant de 3,5 milliards d’euros, valorisait l’ensemble du groupe, numéro un de la musique à la tête d’un catalogue allant des Beatles à Rihanna, à 35 milliards d’euros.

La Securities and Exchange Commission (SEC) a fait preuve de réticence sur le recours au Spac pour mener à bien l’opération. «Notre décision de rechercher un autre véhicule financier a été motivée par des problèmes soulevés par la SEC avec plusieurs éléments de la transaction originale proposée. Concernant notamment sa conformité aux règles de la Bourse de New York», a déclaré PSTH dans un communiqué publié lundi. En conséquence de ce retrait, PSTH versera des indemnités à Vivendi.

Dès son annonce le 4 juin dernier, l’opération avait également suscité des doutes chez certains investisseurs. Car les Spac, véhicules d’acquisition sans activité opérationnelle, avaient jusqu’à présent largement ciblé des entreprises dans leur ensemble, et non une partie seulement du capital. «Nous avons sous-estimé la réaction de certains de nos actionnaires face à la complexité et à la structure de la transaction», a expliqué Bill Ackman. Depuis un mois et demi, l’action de PSTH avait chuté de près de 18%.

Malgré ce revirement de situation, le compte semble toujours bon pour Vivendi. Car le milliardaire Bill Ackman s’est déclaré prêt à se substituer personnellement à PSTH, via un ensemble de fonds d’investissement, pour acquérir «entre 5% et 10%» d’UMG. Une proposition acceptée par Vivendi. «Si cette quotité s’avérait inférieure à 10%, Vivendi a toujours l’intention de céder la différence à d’autres investisseurs», a même précisé dans un communiqué le géant français des médias (propriétaire des télévisions de Canal+, du groupe de communication Havas, du groupe d’édition Editis et de Prisma Media). De plus, la valorisation de 100% d’UMG à 35 milliards d’euros «reste inchangée».

Cotation prochaine à Amsterdam

En 2014, quand Vincent Bolloré a pris le contrôle de Vivendi, Universal Music était valorisé 7 milliards d’euros. En 2020, quand Tencent est entré au capital, la valeur avait déjà été multipliée par plus de 4. Entre 2020 et 2021, Vivendi a cédé 20 % du capital au conglomérat chinois Tencent (QQ et Wechat, plus grandes communautés en ligne au monde) sur la base d’une valeur de 30 milliards d’euros. Aujourd’hui, Vivendi compte ainsi céder 10 % supplémentaires.

Mais l’histoire n’est pas terminée. Vivendi a indiqué son intention de coter Universal Music à la Bourse d’Amsterdam le 21 septembre prochain. Le même jour, il distribuera 60 % du capital d’Universal Music aux actionnaires de Vivendi, via un dividende en nature et un acompte sur dividende.

C’est une fois cotée à Amsterdam, que l’on connaîtra la valeur de marché d’Universal Music. Vivendi s’est engagé à conserver 10 % du capital d’UMG pendant au moins deux ans, mais il n’aura plus aucun rôle opérationnel. Il compte mettre en place un conseil d’administration composé majoritairement de membres indépendants, précisant que ni le groupe Vivendi, ni le groupe Bolloré n’ont l’intention d’y siéger.

Porté par la croissance du streaming audio, le groupe dirigé par Lucian Grainge affiche une très bonne santé financière. Au premier trimestre 2021, le chiffre d’affaires d’Universal Music progressait de 9,4 %, à 1,8 milliard d’euros. Le groupe, basé à Santa Monica en Californie, a affiché un résultat net de 135 millions d’euros, contre 89 millions d’euros un an plus tôt.



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