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Finance

Bitcoin : ouverture du procès du Russe accusé d’avoir piraté la plateforme BTC-e



Publié le 11 sept. 2020 à 6:38Mis à jour le 11 sept. 2020 à 9:09

Cerveau derrière le « rançongiciel » Locky pour les uns, bouc-émissaire de groupes criminels dans les cryptodevises pour les autres, Alexander Vinnik comparaît lundi 14 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris. Cette première audience « relais » doit fixer le calendrier du procès du programmateur russe, poursuivi à la fois dans son pays, en Europe et aux Etats-Unis.

Arrêté pendant ses vacances en Grèce en juillet 2017, il a été remis aux autorités judiciaires françaises en janvier dernier. Le parquet de Paris le poursuit pour extorsion et blanchiment d’argent. Placé en détention préventive, il est soupçonné d’avoir orchestré les malversations de BTC-e, la plateforme d’échanges de bitcoins fondée en 2011 et devenue l’une des plus importantes au monde mais accusée d’extorsions en ligne et d’autres activités de cybercriminalité.

Victimes du rançongiciel Locky

En France, l’enquête avait été lancée en 2016, sur la base de plusieurs plaintes déposées par des particuliers et chefs d’entreprises victimes du « rançongiciel » Locky. Outre-Atlantique, dans son mandat d’arrêt, le procureur fédéral américain a pour sa part prononcé 21 chefs d’inculpation contre Alexander Vinnik, accusé d’avoir été le bénéficiaire des rançons versées par les victimes.

Les services de la police financière du Trésor américain ont condamné civilement BTC-e à une amende de 110 millions de dollars et le Russe à une amende de 12 millions de dollars. Poursuivi pour une affaire de bien moindre ampleur en Russie (une escroquerie de 9.500 euros), Alexander Vinnik demande à être extradé à Moscou. Un scénario non envisageable tant que les poursuites en France ne sont pas closes.

Très affaibli après plus de trois ans de détention préventive, en Grèce puis en France, et une longue grève de la faim, l’informaticien clame son innocence. « C’est une victime dans cette affaire qui le dépasse. Il est le coupable idéal aux yeux des Occidentaux qui voient un hacker en tout informaticien russe », proteste son avocat français Frédéric Bélot, regrettant que la justice française se laisse influencer par l’acte d’accusation américain.

Malversations au bitcoin

Il rappelle qu’Alexander Vinnik, expert en cryptodevises, travaillait en opérateur free-lance pour BTC-e, derrière son ordinateur et sans lien physique. « Dans cette communication numérique et désincarnée, il n’avait rien à voir, de près ou de loin, avec le virus Locky créé pour les malversations au bitcoin puis perfectionné au fil de son utilisation par ses concepteurs. » L’avocat assure qu’Alexandre Vinnik n’a reçu aucune des rançons versées par les victimes du rançongiciel et n’a pas bénéficié de l’argent extorqué.

Les investigations avaient permis de relier les malversations au logiciel malveillant Locky. Ce cheval de Troie a infecté des millions d’utilisateurs : en bloquant et cryptant les données, il ne les débloquait qu’après paiement d’une rançon. Internationale, l’affaire est d’autant plus complexe qu’à l’époque des faits, les cryptodevises et leurs transactions étaient peu ou pas réglementées dans la plupart des pays.



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