Image default
Finance

BNP Paribas : les syndicats appellent à la grève



Publié le 7 oct. 2020 à 13:42

Le calendrier social commence à se charger dans la banque. Deux appels à la grève viennent d’être lancés respectivement chez BNP Paribas et à la Caisse d’Epargne Île-de-France, également assignée en justice par la CGT sur le thème de l’égalité professionnelle entre femmes et hommes.

Du côté de la banque de la rue d’Antin, l’intersyndicale – réunissant les élus CFDT, FO, CGT, CFTC et SNB/CFE-CGC – a appelé, mercredi « l’ensemble des salariés de la SA » à faire grève le 13 octobre prochain, les « modalités de participation » n’étant pas encore précisées. La « SA » est un périmètre regroupant le siège et la banque de détail en France, constituant un peu plus de 42.000 salariés sur les près de 200.000 collaborateurs du groupe dans le monde.

Horaires de travail

Motif de cet appel à la grève : le « projet des horaires ». Il s’agit d’adapter l’amplitude d’ouverture des agences à leur fréquentation effective. Dès le mois de février, l’intersyndicale s’en était inquiétée et appelé à une expertise.

Cette réorganisation consiste dans ses grandes lignes à classer les agences et plateformes en trois grandes catégories, selon l’attractivité de la zone géographique et de l’affluence constatée, conduisant à déterminer l’amplitude horaire dans la semaine, et les horaires dans une journée, certaines agences baissant le rideau plus tard en soirée.

« Dans le respect de la culture de dialogue social de BNP Paribas, le parcours social sur le projet d’évolution des horaires d’ouverture des agences et des plateformes de la banque de détail en France se poursuit actuellement en privilégiant les échanges avec les représentants du personnel et les organisations syndicales », a réagi le groupe.

Le sujet inquiète les partenaires sociaux, notamment car il va s’accompagner, pour certains, d’une réduction du nombre de jours de RTT, leur nombre étant lié mécaniquement au nombre d’heures travaillées chaque semaine.

A l’inverse, ceux pour qui les horaires d’ouverture ne diminuent pas conservent leurs RTT. Au total, c’est tout un champ de discussion qui s’est ainsi ouvert.

Négociations salariales en cours

Les sujets d’inquiétude soulevés par les syndicats sont nombreux : « remise en cause du forfait des cadres, perte de RTT sans compensations financières, des problématiques de garde d’enfants, de transport, télétravail non intégré au projet… ». Si les syndicats reconnaissent « quelques avancées dans certaines régions », ils les considèrent encore « très insuffisantes ».

Ce coup de chaud intervient alors que la direction et les syndicats mènent actuellement leurs négociations salariales annuelles obligatoires (NAO) . Un deuxième tour de discussion a eu lieu mardi, et une troisième réunion doit encore être fixée à une date restant à déterminer.

La direction a notamment proposé 400 euros de prime « Macron » pour les personnes dont la rémunération brute globale est inférieure à 55. 419 euros et une prime classique de 250 euros pour ceux gagnant entre 55.419 et 70.000 euros.

Un résultat jugé « en deçà des attentes » par la CFDT qui pointe « zéro euro d’augmentation générale et pérenne », voire « insuffisant » aux yeux du SNB/CFE-CGC. En 2018, l’échec des NAO avait provoqué un mouvement de grève .

La Caisse d’Epargne Île-de-France assignée en justice

Le sujet des salaires préoccupe aussi du côté de la Caisse d’Epargne Île-de-France, mais du point de vue de l’égalité entre femmes et hommes. Un appel à la grève a été lancé ce mercredi par la CGT. Le syndicat, minoritaire dans l’entreprise, dénonce la discrimination envers les femmes, qui gagnent en moyenne, selon la CGT, 18 % de moins que les hommes dans l’établissement.

Une action de groupe avait été lancée en juin 2019. Elle doit se traduire ce mercredi par une assignation en justice de la banque devant le tribunal de grande instance de Paris, la CGT estimant ne pas avoir obtenu de réponses à ses questions.

Interrogée, la direction conteste les accusations du syndicat. « A classification et emploi identiques, les femmes et les hommes perçoivent le même salaire avec un écart moyen inférieur à 1 % », assure-t-elle. Et rappelle qu’il y a autant de femmes cadres que d’hommes, même si le top 100 des dirigeants est encore à 60 % masculin. Les deux parties auront l’occasion de défendre leurs arguments devant la justice.



Source link

Autres articles

Ce que révèle le patrimoine du patron de la Fed, le plus riche des banquiers centraux

administrateur

La pandémie de Covid-19 affectera durablement la demande mondiale d’énergie

administrateur

Comment les banques se préparent au reconfinement

administrateur

Le fonds Apax Partners s’intéresse à la gestion de patrimoine

administrateur

Pourquoi les entreprises familiales résistent mieux à la crise que les autres

administrateur

L’Allemagne rejoint le club des émetteurs d’obligations vertes

administrateur