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Finance

BNP Paribas pousse les feux dans le capital investissement



C’est une petite musique que les banques jouaient déjà avant la crise du coronavirus, mais ces prochains mois, elle va se faire entendre à plein volume. Depuis 2019, elles annoncent les unes après les autres leur intention de redonner du muscle à leurs activités de capital investissement, comprendre l’investissement direct, en fonds propres, dans les PME et les ETI.

Après Crédit Agricole et Crédit Mutuel, BNP Paribas a annoncé mardi son intention de se développer dans le capital investissement en doublant son portefeuille de 2 milliards d’euros actuellement investis (dans plus de 1.000 entreprises) à 4 milliards à horizon 2024.

Cette tendance, qui s’observe aussi aux Etats-Unis, devrait s’accélérer dans le contexte de la crise liée au covid-19. « On sent bien qu’il y a besoin rapide de recapitaliser les entreprises. C’est une nécessité pour notre tissu économique », explique Alain Breffeil, directeur de la clientèle entreprise chez BNP Paribas en France.

« Une réponse à notre niveau »

Ce métier très rentable avait été délaissé après la crise financière de 2007-2008 par une majorité de banques en raison de son coût élevé en fonds propres suite à un changement de régulation. Il est progressivement revenu en grâce car les frontières se sont estompées entre le crédit, la dette et l’accompagnement en fonds propres.

La sortie de crise va lui donner de nouveaux arguments : depuis le mois de mars, les prêts garantis par l’Etat (PGE) ont permis de soutenir massivement la trésorerie des entreprises. Mais pour les soutenir plus durablement, des réflexions sont actuellement engagées et un dispositif massif de soutien en fonds propres est actuellement à l’étude.

En attendant, « nous apportons une réponse à notre niveau », suggère Alain Breffeil. Dans le détail, le groupe entend investir entre 3 et 15 millions d’euros en minoritaire, dans une logique de capital développement, sans se fixer d’horizon de sortie précis, à la différence des fonds classiques. « Notre engagement est dans la durée », insiste Alain Breffeil.

L’établissement qui « n’a pas vocation à prendre les clés » veut privilégier trois leviers de développement : les stratégies d’internationalisation, la transformation digitale et la transition énergétique de ces entreprises.

Crédit Agricole et Crédit Mutuel aussi présents

Il s’agira pour partie d’un outil de conquête pour la banque de la rue d’Antin, qui affirme déjà « accompagner » une PME sur trois et deux ETI sur trois. La banque – qui investira principalement via ses entités BNP Paribas Développement et BNP Paribas Principal Investments – sourcera les PME auprès de son réseau mais aussi auprès de fonds trop petits pour investir seuls ou en répondant à des appels d’offres.

Ces contributions des banques en fonds propres restent à ce stade limitées en volumes. L’an dernier, Crédit Agricole affichait 3,6 milliards d’euros investis (dont 2,6 milliards en propre) dans 1.000 entreprises, Crédit Mutuel réunissant 3 milliards de capitaux dans 350 entreprises. A titre de comparaison, le secteur a réalisé 19,3 milliards d’euros d’investissement dans plus de 2.300 entreprises, selon les chiffres de France Invest, l’association française du capital investissement.



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