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Finance

Brexit : Londres perd le marché du carbone



Publié le 12 févr. 2021 à 6:17

C’est un autre coup dur pour la City. L’opérateur boursier américain ICE (Intercontinental Exchange) a annoncé lundi qu’il allait déplacer son marché de quotas d’émissions de CO2 et de contrats à terme européens sur le carbone de Londres vers les Pays-Bas dès le deuxième trimestre. Une conséquence directe du Brexit, qui rend plus compliqué et plus coûteux pour les acteurs européens d’effectuer leurs transactions sur le territoire britannique.

Le marché carbone d’ICE, l’un des plus importants avec 1 milliard d’euros d’échange en moyenne par jour, joue un rôle clé dans la stratégie européenne de lutte contre le changement climatique . Les crédits carbone sont en effet des « droits à polluer » que les entreprises émettrices de gaz à effet de serre doivent acheter pour satisfaire leurs exigences réglementaires. La valeur globale du marché des crédits carbone en Europe (incluant ICE et ses concurrents) a considérablement augmenté, passant de 169 milliards d’euros en 2019 à 201 milliards en 2020, selon les données de Refinitiv. Les volumes de contrats à terme et d’options sur le carbone ont pour leur part plus que doublé depuis 2015.

La compensation reste à Londres

Et cette dynamique n’est pas près de s’arrêter. Les contrats à terme sur le carbone frôlaient les 40 euros la tonne ce mardi, les investisseurs pariant que les prix vont continuer d’augmenter à mesure que l’Union européenne va resserrer ses exigences en matière de transition climatique. Mais cette hausse de plus de 20 % depuis le début de l’année laisse soupçonner que la spéculation va également bon train sur ces actifs.

Pour ICE, le choix d’un transfert vers les Pays-Bas s’est imposé naturellement. Il y possède déjà ICE Endex, une place dédiée à la négociation des contrats à terme et des options sur le gaz naturel. Les transactions continueront en revanche d’être traitées à Londres par la chambre de compensation d’ICE, ICE Clear Europe, tout comme les contrats à terme sur le brent et des contrats à terme « TTF » sur le gaz. Londres a en effet obtenu de Bruxelles de pouvoir continuer ses activités de compensation pour les transactions européennes jusqu’à mi-2022.

Le Royaume-Uni va lancer son propre système

Le Royaume-Uni a déjà annoncé qu’il allait lancer son propre système d’échange de quotas d’émission de CO2 au cours du premier semestre. Le marché s’attend à ce que le Royaume-Uni et l’UE relient les deux systèmes afin que les permis de l’un puissent être utilisés dans l’autre, ce qui augmenterait la liquidité.

Le départ d’ICE constitue en attendant un revers pour la place financière britannique. Et ce, alors que le gouvernement tente de s’afficher comme un champion de la finance verte, à l’approche de la COP26 qui doit se dérouler à Glasgow en novembre.

Londres récupère le trading des actions suisses

Avec le Brexit, le Royaume-Uni n’a pas tout perdu. Londres a repris le trading des actions suisses après le feu vert des autorités helvétiques le 3 février dernier. Le Royaume-Uni avait perdu ce marché en même temps que le reste de l’Union européenne lorsque, en juin 2019, Bruxelles avait empêché les investisseurs de l’UE de négocier sur les Bourses suisses à la suite d’un litige sur un traité. La Suisse avait alors répliqué en interdisant aux places européennes de négocier des actions suisses. Il n’est pas certain que la City regagne le volume qu’elle avait avant l’interdiction. Londres enregistrait alors en moyenne 1,3 milliard d’euros de transactions d’actions suisses par jour.



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