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Economie

Bruno Le Maire demande aux distributeurs de décaler le «Black Friday», prévu le 27 novembre


À défaut de rouvrir les commerces plus tôt que prévu, une piste encore en examen, l’exécutif tente de persuader les établissements ouverts de faire preuve de solidarité. Interrogé au Sénat lors de la séance des questions au gouvernement, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé qu’il allait demander à «tous les acteurs économiques, que ce soit la grande distribution ou les acteurs du commerce du digital» de «décaler» l’opération promotionnelle Black Friday, prévue le 27 novembre prochain.

«Est-ce que vraiment, vendredi prochain, c’est la bonne date pour organiser un Black Friday ? Ma réponse est non», a déclaré le patron de Bercy, ajoutant qu’il aurait prochainement «l’occasion de leur en parler pour leur demander de faire preuve de sens des responsabilités et d’examiner toutes les possibilités de décaler cette opération qui n’a pas de sens dans les circonstances actuelles».

Le gouvernement n’a en effet pas la main sur ce dossier : comme l’a rappelé le ministre, contrairement aux soldes, le Black Friday est une opération commerciale privée, venue des États-Unis. Il faudra donc que ses promoteurs, dont le géant de la vente en ligne Amazon, acceptent de décaler cette opération. Tout repose donc sur le bon vouloir des organisations et des fédérations.

Le sujet du Black Friday est dans le viseur de Bercy depuis plusieurs semaines. Fin octobre, la ministre de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, avait ainsi demandé à Amazon de «suspendre» sa campagne de communication pré-Black Friday, «parce que ce n’était pas du tout approprié dans ce moment». Sur le plus long terme, le sujet du Black Friday «devra être travaillé avec les commerçants», ajoutait prudemment la ministre, sans dire précisément si le leader d l’e-commerce mondial pourrait ou non mener cette campagne de promotions en France.

Interrogé, le cabinet de Bruno Le Maire souligne qu’il n’est «pas opportun» qu’une opération promotionnelle de cette envergure se tienne entre le 27 et le 29 novembre, «compte tenu de la situation sanitaire». Ce report permettrait d’éviter «une cohue monstre dans les magasins», à l’heure où l’exécutif tente de reprendre la main sur l’épidémie, confirme une source gouvernementale.

Néanmoins, cette annonce du patron de Bercy ne signifie pas pour autant que la bataille de la réouverture le 27 novembre au lieu du 1er décembre est perdue pour les commerces fermés. Le cabinet du ministre l’affirme : les propos du ministre «ne préjugent en rien de la date d’ouverture des commerces». Les discussions se poursuivent, entre le 1er décembre et le week-end du 28-29 novembre, confirme une source gouvernementale. «Si c’est le 1er décembre, les petits commerces seront contents que le Black Friday soit reporté d’une semaine», ajoute cette source. Il faut, en effet, plusieurs jours aux commerçants pour se préparer, au moins «deux, trois jours», selon l’Union des entreprises de proximité (U2P).

Pression accrue des commerçants sur l’exécutif

L’intervention du ministre de l’Économie a lieu alors que les fédérations de commerçants ne cessent d’accentuer la pression sur l’exécutif pour obtenir une réouverture le 27 novembre au plus tard. Lettres ouvertes, appels au secours et messages sur les réseaux sociaux se multiplient, alors que les professionnels craignent de ne pas pouvoir ouvrir pour le Black Friday, l’un des moments les plus lucratifs de l’année pour les enseignes. Les commerces redoutent notamment de perdre encore plus de terrain face aux acteurs de la vente en ligne. «Avec le premier ministre, avec le président de la République, nous faisons le maximum pour que cette réouverture puisse avoir lieu (…) dès que les conditions sanitaires le permettront», a déclaré de son côté Bruno Le Maire ce mercredi.

Jusqu’ici, la date de reprise des commerces jugés non-essentiels n’est pas encore arrêtée, soulignait Bercy au Figaro mardi. L’évolution de l’épidémie est observée de très près, afin de vérifier si la reprise en main de la situation est pérenne et suffisamment solide pour permettre une réouverture des magasins. Le cabinet du premier ministre soulignait de son côté sa prudence face au virus, rappelant la vitesse à laquelle l’épidémie était remontée en flèche en octobre. Et on ne sait pas encore bien comment le virus réagit aux vagues de froid, ajoutait-on. Des scènes de cohue dans les magasins, propices à la propagation du virus, traditionnellement associées aux promotions en vigueur durant le Black Friday, sont donc à éviter au maximum.

Entre rouvrir plus tôt pour permettre aux commerces de profiter de cette période et décaler l’opération purement et simplement, l’exécutif semble donc avoir tranché. Reste à savoir si les acteurs économiques répondront favorablement à sa demande.



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