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Economie

Bruxelles se prépare à attaquer AstraZeneca


La Commission a également renoncé à exercer l’option pour l’achat de 100 millions de doses supplémentaires.

Correspondante à Bruxelles

Bruxelles songe sérieusement à attaquer le groupe AstraZeneca pour ses retards répétés dans les livraisons de vaccin. Cette option a été mise sur la table par la Commission mercredi soir, lors d’une réunion avec les ambassadeurs de l’UE. «Nous sommes en train d’envisager toutes les options possibles pour que les livraisons aient bel et bien lieu», a confirmé jeudi le porte-parole de l’institution, précisant qu’«aucune décision n’avait été prise».

La Commission est, toutefois, prête à aller vite et souhaiterait, pour ce faire, avoir un feu vert rapide des États membres, sous vingt-quatre heures. Une poignée d’entre eux – France, Allemagne, Italie et Pays-Bas – ont demandé un peu plus de temps pour examiner la question. «Ils ont besoin de mesurer la portée juridique de ces éventuelles poursuites et de bien comprendre avec quels arguments juridiques attaquer AstraZeneca», confie un diplomate. «Il faut voir si la Commission engage la procédure en son nom propre ou si ces poursuites sont lancées par la Commission au nom des Vingt-Sept», précise un autre. La réflexion se poursuit donc. «Mais la décision n’est qu’une question de jours voire d’heures», avertit un interlocuteur. L’Irlande a d’ores et déjà donné officiellement son feu vert.

Sauf à accepter de renoncer aux doses sur lesquelles s’était engagé AstraZeneca – 300 millions au total -, les poursuites semblent être la seule option possible pour Bruxelles, alors que la procédure de règlement des litiges engagée avant Pâques tarde à porter ses fruits. Dans le cadre de cette procédure, la Commission avait adressé le 19 mars une lettre au groupe anglo-suédois, le sommant de respecter ses engagements «dans les vingt jours». «Nous n’y sommes pas encore», admet-on à la Commission.

Les livraisons d’AstraZeneca restent très inférieures à ses engagements contractuels. Au premier trimestre, le groupe anglo-suédois n’a livré que 30 millions de doses à l’UE, au lieu des 120 millions attendues. Il a également revu à la baisse ses livraisons du deuxième trimestre : 70 millions au lieu de 180 millions. La Commission a fait savoir aux ambassadeurs de l’Union qu’elle exigeait d’AstraZeneca la livraison d’au moins 90 millions de doses sur ce trimestre. On en est très loin. Selon nos informations, seulement 4 millions de doses ont été livrées depuis le 1eravril.

Une Europe incapable

La défiance à l’égard de ce groupe est allée crescendo ces derniers mois, à mesure que les retards s’accumulaient, mettant les dirigeants européens en grande difficulté vis-à-vis de l’opinion et nourrissant l’image d’une Europe incapable de rivaliser avec les États-Unis et surtout avec le Royaume-Uni. S’ajoute à cela, la méfiance grandissante des populations à l’égard du vaccin AstraZeneca, dont l’utilisation a été restreinte dans la plupart des pays de l’UE en raison de très rares cas de thromboses.

Dans ce contexte, la Commission a annoncé jeudi avoir renoncé à exercer l’option pour l’achat de 100 millions de doses supplémentaires. « Si c’est pour être livré en 2023, ça ne sert à rien d’en commander davantage ! », ironise un diplomate. Selon les derniers chiffres du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, 135 millions de doses ont été distribuées aux États membres. Moitié moins que prévu du fait des retards d’AstraZeneca.

À VOIR AUSSI – «AstraZeneca s’est d’une certaine façon moqué des Européens», dénonce Clément Beaune



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