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Economie

«Carnet de rappel», température, déplacement… Ce que proposent les restaurateurs pour éviter la fermeture


Le gouvernement pourrait serrer la vis à Paris en fermant les bars et les restaurants pour enrayer la propagation du Covid-19. Le ministre de la Santé Olivier Véran avait mis en garde sur cette éventualité jeudi : la capitale et sa petite couronne pourraient passer en zone d’alerte maximale face au virus. Seuil synonyme de fermeture pour un grand nombre d’établissements, que sont les bars et les restaurants mais aussi les salles de sport, les piscines ou les salles de fête.

À Marseille, ce seuil est franchi depuis une semaine, en application du décret du 27 septembre. Et depuis, un grand nombre de restaurateurs tentent d’alerter sur leur situation économique, malgré l’annonce du prolongement du chômage partiel jusqu’à la fin de l’année.

Face à cela, des syndicats de restauration et d’hôtellerie ont dessiné les contours d’un nouveau protocole sanitaire, renforcé, destiné à toutes les régions en seuil d’alerte maximale, qui leur permettrait de rester ouverts et donc de limiter les pertes. Le Haut Conseil de la Santé publique doit se prononcer d’ici lundi et le gouvernement suivra son avis. D’ici là, voici les mesures que l’on y trouve :

Pas plus d’un mètre entre les tables

La distance actuelle d’un mètre entre les tables constitue «une ligne rouge» pour la profession. «Il en (va) de la survie économique de ses établissements», selon un communiqué commun des organisations GNI hôtellerie et restauration (représentant les indépendants), Umih (hôtellerie), SNRTC (restauration thématique et commerciale) et GNC (chaînes hôtelières).

Une distance d’un mètre entre les tables réduit la capacité des établissements de 35% en moyenne tandis qu’une distance de 1,50 mètre la réduirait de 60%, a précisé à l’AFP un porte-parole du GNI hôtellerie et restauration. Les restaurateurs ne veulent donc pas dépasser ce mètre d’écart, et même le réduire.

Capacité d’accueil maximale

En contrepartie, les professionnels ont proposé d’afficher une jauge indiquant la capacité totale d’accueil des établissements (ce qui faciliterait d’éventuels contrôles). Au-delà de cette jauge, les clients devraient attendre à l’extérieur.

Mise en place des carnets de rappel

Les professionnels ont proposé la mise en place d’un carnet où les clients indiqueraient leurs coordonnées pour pouvoir être éventuellement rappelés par l’agence régionale de santé (ARS). Cela serait assorti d’une incitation au téléchargement de l’application StopCovid.

Certains restaurateurs parisiens ont commencé à tenir un registre de ce type, mais il n’est pas toujours tenu très sérieusement. Une telle mise en place nécessiterait une aide importante de l’ARS, «on n’est pas là pour faire la police», jugeait un responsable syndical de la restauration au Figaro il y a quelques jours.

Paiement à table uniquement

Dans ce nouveau protocole, le paiement à table serait rendu obligatoire. Aujourd’hui, de nombreux paiements se font au comptoir, par exemple, ce qui multiplie les déplacements à l’intérieur des établissements.

Nombre de convives par table

Les professionnels ont refusé de réduire de 10 à 4 le nombre de personnes par table. «La profession ne veut pas descendre sous les 8», a relevé le porte-parole du GNI hôtellerie et restauration.

Pas de prise de température ou de dépistage systématique

La proposition de prendre la température des salariés et des clients a été refusée lors d’une réunion au ministère de la Santé vendredi 2 octobre : il serait difficile de s’assurer que les salariés ont bien pris leur température avant de quitter leur domicile, et le nombre de cas asymptomatiques rendrait la mesure inefficace, a rapporté le porte-parole du GNI.

Selon lui, la proposition de «dépister massivement les employés» a également été repoussée, car de tels dépistages massifs sont réservés au personnel soignant.

Les mêmes règles pour les bars et les restaurants

Les organisations professionnelles demandent que les bars en mesure d’appliquer le protocole sanitaire renforcé puissent rester ouverts. Elles estiment dans leur communiqué que «le seul critère» qui doit être pris en compte pour décider de l’ouverture d’un établissement (restaurant, brasserie ou bar) est «sa capacité à respecter le protocole sanitaire, et donc à asseoir sa clientèle en respectant les distances de sécurité». «Aucun autre critère (classification, consommation ou non de repas ou d’alcool…) ne se justifie d’un point de vue sanitaire.»

Selon le porte-parole du GNI, «on évite ainsi 1/ la mort de nos établissements par une fermeture, et 2/ de tenter de mettre en place des usines à gaz, parce que tout cela semble clair et susceptible d’être accepté par tout le monde.»

«Désormais, il faudra bien que tout le monde comprenne que quand on va dans un bar, on s’assied pour consommer, on respecte la distanciation entre les tables, on se déplace aux toilettes en portant un masque, on paye à table, et tout ira pour le mieux», conclut le communiqué.

À voir aussi – Covid-19: un risque de devoir «réduire drastiquement les interactions sociales à Paris», d’après Olivier Véran



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