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Economie

Ce que la «vague verte» va changer pour l’immobilier


Si l’écologie se développe pour rendre les bâtiments moins énergivores, les spécialistes s’accordent à dire qu’elle doit modifier la gestion des villes.

C’est une vague verte qui a déferlé sur la sphère politique ce dimanche. Plusieurs grandes villes, et pas des moindres, sont passées au vert: Marseille, Lyon, Bordeaux ou encore Strasbourg. Ce changement politique aura-t-il un impact sur le marché immobilier? Aidera-t-il à ralentir la flambée des prix dans la capitale des Gaules? La lutte contre le mal-logement va-t-elle s’accélérer à Marseille frappée par un drame il y a près de 18 mois? «La vague verte aux municipales va modifier profondément la gestion des villes et la politique du logement», assure Henry Buzy-Cazaux, spécialiste de l’immobilier depuis près de 30 ans.

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Sur le terrain, les architectes se prononcent en faveur de l’arrêt de «l’artificialisation des sols», alors que la France manque actuellement de logements. «Il faut réinvestir les friches et les zones commerciales obsolètes des entrées de ville», soutient le Conseil de l’Ordre des architectes qui estime à plusieurs «centaines de milliers d’hectares» la superficie totale des zones artificialisés et mono-fonctionnelles.

Cette poussée des Verts annonce-t-elle la fin des tours? À Paris, les écologistes, désormais alliés avec Anne Hidalgo, ont obtenu l’assurance que le projet de ZAC à Bercy-Charenton (12e) qui devait faire sortir de terre six tours, sera «remis à plat ». À Lyon, Grégory Doucet, le nouveau maire de la troisième plus grande ville de France, a annoncé, pendant la campagne, qu’il mettrait fin à la construction de nouvelles tours dans le quartier emblématique de la Part-Dieu. «La densité dans les grandes villes est nécessaire pour les rendre attractives et doit être rendue éco-compatible», affirme Henry Buzy-Cazaux. À condition que les matériaux utilisés soient «sains, biosourcés, et en circuit court» et que les bâtiments soient multifonctionnels «pour améliorer la qualité de vie», rappellent les architectes.

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Dans le camp de la majorité, on a bien compris l’urgence. «Les Français nous le redisent une nouvelle fois: cette prise de conscience (écologique) est collective mais il faut aller plus vite et plus loin», a déclaré Julien Denormandie, ministre de la Ville et du logement lors de la soirée électorale. Le ministre veut ainsi accélérer la rénovation des logements. «La rénovation du parc doit désormais être une priorité budgétairement assumée par le gouvernement, et non une injonction faite aux citoyens doublée de sanctions», insiste Henry Buzy-Cazaux.

Dans ce domaine, l’écologie a en effet souvent été perçue, notamment par les propriétaires, comme une sanction. Pour y remédier, le gouvernement a opté, il y a un an, pour une réforme en douceur alliant incitatif et coercitif. Une philosophie reprise par la Convention citoyenne dont la proposition sur la rénovation des logements, jugée «équilibrée» par le ministre Denormandie, a été validée par le président de la République. «Nous devons investir davantage pour transformer plus vite le parc et accompagner les plus modestes pour qu’ils ne soient pas dans l’impasse», a annoncé Emmanuel Macron devant les 150 membres de l’assemblée citoyenne ce lundi.

Fiscalité plus incitative

Comme le rappelle souvent le ministre Denormandie, la majorité des propriétaires font partie de la classe moyenne voire de la classe moyenne inférieure. Et n’ont donc pas tous les moyens de financer les milliers voire dizaines de milliers d’euros de travaux. Sans compter que les aides mises à leur disposition ne semblent pas leur convenir. «Il est peu efficace de précipiter la mise en place d’aides massives si l’offre de services n’est pas performante, souligne au Figaro Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment Durable. Il faut amplifier et accélérer l’action».

Julien Denormandie et Emmanuelle Wargon ont ainsi missionné Philippe Pelletier et Frank Hovorka, directeur technique et innovation de la Fédération des promoteurs immobiliers. D’ici fin juillet, ils devront leur remettre des propositions qui seront incluses au plan de relance préparé par le gouvernement. «L’objectif est d’une part, d’inciter plus de propriétaires, investisseurs, promoteurs et constructeurs à se tourner vers la rénovation, précise Philippe Pelletier. Ils sont souvent réticents parce que les règles d’urbanisme sont trop compliquées et la fiscalité pas assez incitative. D’autre part, la rénovation des logements doit se penser au niveau des quartiers et non pas bâtiment par bâtiment». Les architectes rappellent aussi qu’«aborder la question de la rénovation des bâtiments uniquement par le volet énergétique est un frein». «La qualité d’usage, la valeur patrimoniale, l’adaptabilité de l’habitat doivent aussi être prises en compte.»





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