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Economie

ce qu’il faut savoir sur ce virus qui sème la panique chez les éleveurs du Sud-Ouest


FOCUS – La grippe aviaire continue de faire des ravages dans les départements du sud-ouest, avec une cinquantaine de nouveaux foyers en quelques jours.

La France est confrontée depuis mi-novembre à une épizootie de grippe aviaire (virus H5N8) qui sévit aussi ailleurs en Europe. Cette grippe qui touche toutes les volailles, mais contamine le plus souvent les canards, inquiète particulièrement les éleveurs du Sud-Ouest car elle est pour l’instant hors de contrôle.

  • Combien d’élevages sont touchés et où ?

Cette épidémie fait rage principalement dans le Sud-Ouest. Il y aurait au moins 180 foyers en France selon le ministre de l’Agriculture, qui était interrogé lundi matin sur France Bleu. Mais l’épidémie ne cesse de se propager. C’est le département des Landes qui est le plus touché avec 170 foyers d’influenza aviaire confirmés (ils étaient 127 vendredi). Six foyers ont aussi été détectés dans le Gers (quatre de plus que vendredi), selon le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie qui était en déplacement dans le Gers ce lundi 11 janvier où il a rencontré les professionnels de la filière.

D’autres foyers ont été confirmés dans les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Atlantiques, la Vendée, le Gers et les Deux-Sèvres. Trois foyers avaient aussi été détectés en novembre dans des animaleries de Corse et des Yvelines. Le ministère a évoqué également «quelques basses-cours en Corse».

  • Quelles mesures sont prises ?

Actuellement, les autorités mettent en œuvre des «abattages préventifs». Les palmipèdes et autres volailles non enfermées sont désormais abattus dans un périmètre de 5 km (contre 3 précédemment) autour des foyers contaminés. Le ministre, qui a reconnu lui-même un retard à l’allumage pour tenter d’endiguer cette grippe aviaire, a promis le doublement des capacités d’abattage, afin de passer à 160.000 palmipèdes euthanasiés par jour. Des abattoirs sont réquisitionnés pour la cause. L’objectif : éviter à tout prix le scénario de l’hiver 2016/17 où des millions de canards avaient dû être abattus dans le Sud-Ouest.

  • Comment s’étaient passés les précédents épisodes de grippe aviaire ?

Cette crise renvoie en effet les éleveurs du Sud-Ouest aux douloureux hivers 2015-16 et 2016-17. Lors du premier épisode, il n’y avait pas eu d’abattage d’animaux sains, mais neuf millions de volailles n’avaient pas été mises en production selon la politique du «vide sanitaire». Lors du deuxième, 4,5 millions de canards, y compris sains, avaient été abattus préventivement. La filière s’était aussi engagée à investir pour renforcer la biosécurité, afin d’essayer d’éviter que le scénario se répète.

Les éleveurs ont en effet investi dans des bâtiments pour confiner les canards lors de la saison des migrations des oiseaux sauvages en automne et au printemps. Les transporteurs ont acheté des camions avec des filets de protection ne laissant plus s’échapper les plumes de canards, vecteurs de contamination. Les abattoirs ont investi dans des quais de lavage où les caisses en plastique contenant les canards sont systématiquement nettoyées après le dépôt des animaux pour la tuerie. Des efforts qui se comptent en centaines de milliers d’euros mais qui ne semblent pas suffire.

À VOIR AUSSI – Grippe aviaire: le gouvernement annonce des indemnisations pour chaque abattage et appelle à «manger du canard et du poulet!»

  • Pourquoi ne vaccine-t-on pas les volailles ?

Cette option est écartée, en partie parce que cela «empêcherait bon nombre d’éleveurs d’exporter leur production vers des pays n’autorisant pas l’importation de produits vaccinés», estime le ministre de l’Agriculture. En outre, une vaccination n’empêcherait pas le virus de circuler. «Si on met en œuvre une vaccination, cela a un coût : le coût du vaccin lui-même mais aussi le coût de la surveillance puisque la pire des choses qui pourrait se passer, c’est que le virus circule à très bas bruit», expliquait Jean-Luc Guérin professeur en pathologie aviaire à l’École Nationale Vétérinaire de Toulouse sur France Bleu. En clair le rapport coût/ bénéfice est défavorable à la vaccination de masse car il faudrait vacciner et surveiller. L’État préfère «investir dans des mesures de biosécurité».

  • Ce virus est-il transmissible à l’homme ?

Non, l’influenza aviaire n’était pas transmissible à l’homme. «Je le dis et le redis, continuons à manger du poulet, du canard, du foie gras et des œufs, il n’y a absolument aucun risque», a répété Julien Denormandie.

  • Comment sont tuées les volailles ?

Les volailles sont euthanasiées «par injection d’un produit létal réalisée par un vétérinaire ou par un procédé de mise à mort utilisant du CO2». Les animaux ainsi euthanasiés sont impropres à la consommation humaine ou animale, et pourront être «valorisés soit comme fertilisants soit comme combustibles, voire être éliminés par incinération».

  • L’élevage intensif est-il en cause ?

Le ministre de l’Agriculture a balayé cette hypothèse. Le virus «arrive par les oiseaux migrateurs, que vous ayez un petit ou un grand élevage», selon Julien Denormandie.

  • Quelles indemnités pour les producteurs?

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a promis vendredi des indemnités selon la valeur marchande des animaux abattus, avec des premiers acomptes versés «dans les prochains jours». Une «indemnisation totale est prise en charge par l’État, avec des avances sur les indemnisations pour qu’elles puissent arriver rapidement», a-t-il répété lundi. Outre les indemnités pour les bêtes, les éleveurs demandent que soient dédommagées les périodes sans production.

À VOIR AUSSI – La grippe aviaire: peut-elle revenir en France ?



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