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Economie

Ces profils peuvent moins emprunter malgré la hausse du taux d’endettement


Le taux maximal d’endettement autorisé est passé de 33 à 35%, mais il doit désormais inclure l’assurance emprunteur. Résultat: certains ménages sont perdants.

Tout en se félicitant d’avoir clôturé une année 2020 «finalement bonne» et en démarrant une année 2021 sur les chapeaux de roues, le courtier MeilleurTaux s’inquiète néanmoins de l’impact des dernières décisions du Haut conseil de stabilité financière (HCSF). Sans susciter un enthousiasme débordant, la décision du HCSF, d’autoriser un taux d’endettement maximal de 35% au lieu de 33% auparavant, avait pourtant été saluée par bon nombre de professionnels. Elle devait notamment permettre à une partie des emprunteurs parmi les plus jeunes et les moins fortunés, d’accéder à un crédit pour s’offrir le logement de leurs rêves.

Hélas, cette mesure s’est rapidement accompagnée d’une nouvelle condition: ce taux d’endettement doit désormais intégrer le coût de l’assurance emprunteur. «C’est vertueux et plutôt logique sur le papier, admet Maël Bernier, porte-parole du courtier. Le problème c’est que la plupart des banques n’intégraient pas ces montants dans leur calcul de taux d’endettement, ils les utilisaient seulement pour reconnaître le reste à vivre.»

Parmi les banques qu’elle a interrogées, un seul établissement, de taille modeste, lui aurait indiqué qu’il comptabilisait déjà l’assurance-emprunteur dans le taux d’endettement. Résultat, pour peu que l’assurance soit chère: «on reprend d’une main ce que l’on a donné de l’autre».

Punition pour les santés fragiles

Prenons le cas d’un couple de 40 ans, sans ennuis de santé et disposant de 4000 euros nets de revenus mensuels. À 33% d’endettement, il pouvait compter sur 1320 € de mensualité, soit un prêt de 285.000 euros (sur 20 ans à un taux de 1,1% hors assurance). Le passage à 35% d’endettement maximum, permet cette fois-ci d’emprunter 301.500 € aux mêmes conditions, soit 25.500 € de plus.

Dans ce dernier cas de figure, si on intègre une assurance assez bon marché, souvent avec une délégation d’assurance (à 0,12% sur chaque tête à hauteur de 50%), la capacité d’emprunt retombe à 295.000 euros. Et encore faut-il pouvoir obtenir cette délégation. Quant à ceux qui opteront pour une assurance plus classique, souvent proposée par la banque à 0,34% (toujours à raison de 50% pour les deux emprunteurs), on revient à la case départ: les mêmes 285.000 euros que l’on pouvait emprunter avec 33% d’endettement hors assurance.

La situation est encore pire pour ceux qui doivent payer une assurance plus chère, au vu de leur santé. Dans le cas d’un célibataire de 42 ans, en surpoids avec un diabète de type 2. Ses revenus de 4000 euros lui permettaient à lui aussi d’emprunter 285.000 euros à 33% d’endettement et 301.500 euros à 35%. Cette fois-ci avec une assurance à 0,56% reposant à 100% sur ce seul emprunteur, sa capacité d’emprunt sombre à 274.000 euros, moins que ce qu’il pouvait escompter à 33% d’endettement hors assurance.

Selon les calculs de MeilleurTaux, l’emprunteur devrait gagner 4600 euros au lieu de 4000 euros pour absorber le coût de l’assurance et emprunter la même somme. Et pourquoi donc le ballon d’air promis par le HCSF s’est-il accompagné de ces nouvelles restrictions? «J’avoue ne pas comprendre», admet Maël Bernier.



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