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Economie

Ces ruines Mayas expliquent la répartition des riches et des pauvres


Au Belize, des archéologues étudient les fondations de maisons Mayas pour mieux comprendre les inégalités de richesse à cette époque.

L’examen de nombreuses maisons, dans les fouilles de deux sites au sud du Belize donne un aperçu de l’immense inégalité de richesses dans les anciennes villes mayas . Une disparité que les chercheurs pensent être étroitement liée au régime despotique. Ce mercredi, les archéologues ont déclaré avoir étudié les restes de 180 maisons dans la ville moyenne d’Uxbenká et de 93 maisons dans la petite ville voisine d’Ix Kuku’il, deux cités qui ont prospéré durant la période dite maya classique, située aux environs des années 250 à 900 après JC.

À cette époque, les Mayas ont multiplié les constructions de pyramides, ont réalisé de merveilleuses sculptures et peintures, utilisé l’écriture hiéroglyphique et ont excellé dans la fabrication de calendriers et les mathématiques. Les chercheurs ont mesuré les inégalités de richesse en fonction de la répartition de grandes et petites maisons, ainsi que de la taille et de la nature des structures. Certains habitants vivaient ainsi dans des demeures de 650 m² remplies de poterie colorées, de jade sculpté et d’élégants coquillages tandis que d’autres se contentaient de logements très basiques d’une quarantaine de mètres carrés.

Des inégalités dans toutes les civilisations

«Les inégalités de richesse étaient réparties à travers le paysage, avec de grandes maisons entourées de petites dans des quartiers éloignés du cœur monumental des villes», explique l’archéologue Amy Thompson, stagiaire postdoctorale au Field Museum de Chicago et auteure principale de l’étude publiée dans le journal Plos One. Les résultats, selon les chercheurs, aident à éclairer le phénomène de l’inégalité des richesses dans les sociétés humaines de l’Antiquité à nos jours, les anciens Mayas n’ayant évidemment pas le monopole de ces disparités.

L’archéologue Amy Thompson sur le site d’Uxbenka (photo d’archives prise en avril 2012). Crédit Photo : KEITH PRUFER/via REUTERS

Les chercheurs tentent de comprendre comment l’inégalité se forme, se manifeste dans les villes anciennes et se perpétue, précise Keith Prufer, professeur d’anthropologie à l’Université du Nouveau-Mexique et co-auteur de l’étude, directeur du projet archéologique d’Uxbenká. «L’inégalité des richesses est une caractéristique de toutes les civilisations anciennes et trouve son origine dans le développement de la production alimentaire avec les surplus agricoles, explique-t-il. Cela permettait à certains individus de contrôler des parts disproportionnées des ressources et d’en obliger d’autres, par la persuasion ou la force, à fournir du travail et des biens pour accroître encore les inégalités de richesse.» En général, plus le système est despotique, plus il y a d’inégalités de richesse, précise le professeur.

Une plus grande inégalité chez les Mayas

«Avec une gouvernance despotique, les dirigeants ne dépendent pas de la population locale pour le soutien. Par conséquent, le bien-être de ces personnes ou l’efficacité de leur production sont moins préoccupants», souligne Gary Feinman, du Field Museum, co-auteur de l’étude. Les chercheurs ont aussi comparé leurs résultats à d’autres études de maisons dans des villes anciennes contemporaines en Méso-Amérique, une région du centre du Mexique à l’Amérique centrale.

Crédit Photo : KEITH PRUFER/via REUTERS

Les lieux mayas classiques, une civilisation connue pour son leadership autocratique dominé par des rois puissants, semblaient avoir une plus grande inégalité de richesse que les autres groupes culturels et linguistiques mésoaméricains. Par exemple, dans la vallée de l’Oaxaca au Mexique, où des formes plus collectives de gouvernance existaient, il y avait moins de disparité dans les foyers. «Même la plus grande ville méso-américaine de la période classique, Teotihuacan, dans le centre du Mexique, présentait des degrés d’inégalité moindres, mesurés par l’espace domestique, que les sites mayas classiques», précise Gary Feinman.

Des fondations de 4 mètres sur 6

La population d’Uxbenká était de 3000 à 5000 personnes, tandis que celle d’Ix Kuku’il était d’environ 1800, plus petite que les plus grandes villes mayas comme Tikal au Guatemala avec des dizaines de milliers d’habitants. La population de Teotihuacan atteignait peut-être 200 000 personnes. Uxbenká et Ix Kuku’il, à environ 40 km de la côte caraïbe, se vantaient d’une architecture monumentale comprenant des temples d’environ 10 mètres de haut.

Les maisons avaient autrefois des superstructures en bois périssables, maintenant disparues, sur des fondations de pierre, de terre et de plâtre. Les fondations des petites maisons mesuraient souvent environ 13 sur 20 pieds (4 sur 6 mètres) et les grandes atteignaient environ 40 sur 66 pieds (12 sur 20 mètres). Les plus grands avaient une architecture plus élaborée et l’on y a retrouvé des produits importés et de luxe, notamment du jade, des coquillages marins, des ornements personnels et du verre volcanique appelé obsidienne, utilisé notamment pour des lames.

Vue sur une excavation de petites fondations (photo prise sur le site de Ix Kuku’il en mai 2017). Crédit Photo : AMY THOMPSON/via REUTERS



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