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Finance

Charbon : Amundi étrille la stratégie du géant allemand RWE



Amundi, le géant européen de la gestion d’actifs avec 1.500 milliards d’euros d’encours, a décidé d’utiliser son poids financier pour faire pression sur l’énergéticien allemand, RWE. Le fait que ce dernier soit le principal acteur de l’industrie du charbon en Europe passe de plus en plus mal auprès des investisseurs à l’heure de l’urgence climatique.

Amundi, septième actionnaire de RWE, a transmis une lettre au géant allemand en amont de son assemblée générale ce vendredi, afin d’exprimer sa « surprise » face à la volonté de l’entreprise de maintenir en activité ses centrales au lignite jusqu’en 2038. « Nous pensons que cette stratégie va à l’encontre de l’objectif de 1,5 °C (fixé par l’accord de Paris, NDLR) ainsi que de votre ambition affichée de devenir un leader de la transition énergétique », peut-on lire dans le texte dont « Les Echos » se sont procuré une copie.

Le gérant, qui ne souhaite pas rendre public son texte, explique cependant aux « Echos » avoir « demandé à RWE de fournir, d’ici à 2021, un plan de sortie de l’industrie du charbon aligné sur les recommandations de la science ». Autrement dit 2030 au sein de l’Union européenne et des membres de l’OCDE, et d’ici 2040 pour le reste du monde.

Pression constante

Selon nos informations, d’autres investisseurs s’interrogent également sur le maintien de l’activité des centrales aux lignites, alors que les énergies renouvelables pèsent de plus en plus lourd dans le mix allemand, au détriment du charbon. Ces investisseurs, qui ont également envoyé une lettre à RWE, estiment que cette stratégie n’est « ni alignée avec les accords de Paris, ni sur les tendances économiques ».

De plus en plus d’acteurs du secteur financier s’éloignent des entreprises impliquées dans l’industrie du charbon. Il y a un an, le fonds souverain norvégien (1.000 milliards d’actifs) a envoyé un signal fort : il a décidé de se désengager de toutes les entreprises générant plus de 10 GW d’électricité par an à partir de charbon ou extrayant plus de 20 millions de tonnes de charbon par an. Des critères auxquels n’échappe pas RWE.

Enjeux de taille

Selon les observateurs, l’enjeu autour de la transition de RWE est majeur : « Si on se plante en Allemagne, on se plante dans toute l’Europe, alerte Lucie Pinson, de l’ONG Reclaim Finance. Comment voulez-vous faire bouger la Pologne si Berlin ne bouge pas ? On perd un temps précieux ».

Pour l’heure, le calendrier de sortie du charbon de RWE est aligné sur le compromis trouvé avec les autorités allemandes, au début de l’année 2019. « Par définition la législation dépend des discussions avec le secteur », affirme Amundi, laissant entendre qu’en faisant pression sur le plus gros acteur du secteur, il pourrait être possible d’accélérer le processus.



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