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Finance

Chine : 100 milliards d’euros d’impayés sur les plateformes de crédit entre particuliers



La purge se poursuit en Chine dans le secteur des plateformes de crédit entre particuliers. Selon un décompte réalisé la semaine dernière par le régulateur bancaire chinois, seules 29 sociétés spécialisées dans le crédit « peer-to-peer » (P2P), le transfert d’argent entre particuliers via des sites internet, subsistent à ce jour. Il y a trois ans, quand le marché était à son apogée, on en dénombrait plus de 6.000 !

Cette diminution drastique est le résultat de la reprise en main du secteur par Pékin depuis 2017. Soucieux de s’attaquer au «shadow banking», cette finance de l’ombre où les crédits sont accordés par des acteurs non bancaires, le gouvernement chinois a rendu plus stricte la réglementation sur ce marché jadis florissant, et qui échappait à toute surveillance.

Hors de contrôle

Le rythme soutenu de la croissance chinoise avait permis l’explosion de ce secteur au début de la décennie 2010, avec la création de très nombreux sites internet spécialisés. Ils offraient des solutions de financement rapides pour les individus mais aussi pour les PME, grâce à l’afflux d’épargne des particuliers. Ceux-ci bénéficiaient en retour de juteux rendements. Le volume de transactions pouvait représenter jusqu’à 250 milliards de yuans par mois (environ 30 milliards d’euros).

Le ralentissement de l’économie chinoise a néanmoins grippé le système, et quelques cas de fraudes et de faillites retentissantes d’acteurs spécialisés ont incité l’Etat chinois à faire le ménage dans le secteur , tout en appelant les épargnants à plus de prudence dans leurs investissements. Le durcissement des règles qui s’en est suivi a précipité la disparition de très nombreux sites.

Le survivant Lufax en route vers Wall Street

Cette purge n’est pas sans conséquence pour les épargnants et les investisseurs. A ce jour, la commission de régulation bancaire chinoise estime à 800 milliards de yuans (97 milliards d’euros) le montant des impayés liés aux faillites en cascade. Les autorités ont assuré que tout serait fait pour aider les prêteurs à retrouver leur mise. En 2018 et 2019, des milliers d’épargnants n’avaient pas hésité à descendre dans la rue pour demander des comptes aux sociétés de « peer-to-peer ».

Parmi les survivants dans le secteur figure la société Lufax. Cette fintech, filiale du géant de l’assurance Ping An, valorisée 38 milliards de dollars fin 2018, a longtemps dominé le marché, représentant à elle seule jusqu’à 20 % des crédits entre particuliers en Chine. Elle a progressivement réduit son exposition à ce marché, pour se réorienter vers une activité de prêts plus classique et de la gestion de fortune.

Elle a rempli la semaine dernière son prospectus d’introduction à la Bourse de New York, où elle espère lever 3 milliards de dollars, avant un possible durcissement des conditions d’accès aux marchés financiers américains, sur fond de tensions commerciales entre les deux grandes puissances.



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