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Economie

Chômage partiel, PSE, contrats aidés, offres d’emploi… L’impact de la crise sur le marché du travail est toujours aussi violent


Si la crise sanitaire semble prendre fin, celle économique et sociale ne fait en revanche que commencer et chaque semaine qui passe depuis le déconfinement le 11 mai le démontre. Preuve en est ce mercredi avec la publication par la Dares, le service statistique du ministère du Travail, des données hebdomadaires liées au marché du travail dans l’Hexagone. Des données de plus en plus apocalyptiques qui démontrent bien l’ampleur et la violence de la déflagration subie.

Au 1er juin, pas moins de 1,366 million de demandes d’autorisation préalable d’activité partielle a été déposé par 1,05 million d’entreprises depuis le début de la crise. Résultat, en un peu moins de trois mois, quelque 13,1 millions de salariés ont été concernés par une demande de chômage partiel effectuée, soit 300.000 de plus en une semaine. Une nouvelle hausse qui porte à 5,7 milliards d’heures chômées demandées depuis le début de la crise (100.000 de plus en une semaine), soit 432 heures chômées demandées en moyenne par salarié, l’équivalent de plus de 12 semaines à 35 heures hebdomadaires.

La moitié des salariés du privé placés en chômage partiel en avril

Il s’avère, de plus, que toutes les entreprises ne sont pas égales face au chômage partiel avec une prime, logique, aux plus grandes entreprises mieux armées pour faire face à la crise. D’après les données de la Dares, 46% des salariés qui ont fait l’objet d’une demande d’activité partielle depuis le 1er mars travaillent ainsi dans des entreprises de moins de 50 salariés. À l’inverse, ceux qui travaillent dans des entreprises de 250 salariés ou plus représentent 34% des salariés en activité partielle. Trois secteurs continuent de concentrer environ 50% des demandes d’autorisation préalable, des effectifs concernés et des heures chômées demandées depuis le 1er mars: Activités de services spécialisés, scientifiques et techniques et services administratifs et de soutien (20,1%); Commerce (16%) et Construction (11%). Enfin, l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes cumulent toujours un peu plus du tiers des dossiers déposés, des effectifs concernés et des heures chômées demandées depuis le 1er mars.

Bien que le pointage des demandes reçues peut encore évoluer, on a une idée assez précise de la situation en avril, seul mois entier de confinement total: 1,01 million de demandes déposées par 886.000 entreprises pour 6 millions de salariés, soit la moitié des salariés du privé qui ont été placés en activité partielle sur l’ensemble du mois. Du jamais vu!

Fin mai, le nombre de suppressions de postes envisagées dans le cadre d’un PSE a plus que doublé par rapport à début mars

Les procédures de restructurations, quant à elles, accélèrent malgré les efforts du gouvernement de les contenir. Fin mai, le nombre hebdomadaire de plans de sauvegarde de l’emploi a pour la première fois dépassé son niveau de début mars, avec 15 PSE enregistrés (contre 11 durant la première semaine de mars) et un nombre de suppressions de postes envisagées (5530 au total) dans le cadre d’un PSE qui a plus que doublé par rapport à début mars. 993 «petits» licenciements collectifs ont également été initiés depuis début mars. Dans neuf cas sur dix, ce sont des licenciements de moins de 10 salariés, ciblés dans la construction (22%), le commerce et la réparation d’automobile (19%) et l’industrie manufacturière (15%).

Sur les contrats aidés, c’est toujours autant la bérézina. Du 16 mars au 31 mai, le nombre cumulé d’entrées en parcours emploi compétences (PEC) a chuté de 69% par rapport à cette même période en 2019, avec 200 entrées seulement constatée la dernière semaine de mai. Idem sur les emplois francs où les demandes d’aides transmises à Pole Emploi ont fondu de 75% après les quatre premières semaines du confinement, à moins de 200 sur 8 jours à la mi-mai.

Le nombre d’entrées en contrat aidé a chuté de 69% pendant le confinement par rapport à la même période de 2019

Enfin, concernant les offres d’emploi disponibles, le nombre de petites annonces en ligne du 25 au 31 mai se situe à 78% du niveau pré-confinement, selon un panel de 15 sites suivis par la Dares. Si le nombre d’offres est resté stable par rapport à la semaine précédente pour les métiers du bâtiment et des travaux publics, de l’ingénierie industrielle, de l’informatique, de la recherche, du commerce, de la banque et de l’assurance, il est en baisse pour tous les autres métiers. Ainsi, la hausse enregistrée la semaine précédente sur l’ensemble des offres en ligne semble se résorber…



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