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Finance

Christine Lagarde réaffirme la détermination de la BCE



La formule est nette, sans appel, et n’est pas dénuée de provocation. « Les marchés peuvent nous tester autant qu’ils le souhaitent », a affirmé mercredi Christine Lagarde dans un entretien à Bloomberg mercredi. Une nouvelle marque de détermination, alors que la tension sur les taux souverains ne faiblit pas. La nuit précédente, le rendement des obligations d’Etat américaine à 10 ans avait frôlé 1,77 %, son plus haut niveau depuis janvier 2020. Une nouvelle étape dans un mouvement global de hausse des taux qui a commencé au début de 2021.

L’amélioration des perspectives économiques aux Etats-Unis explique en grande partie cette remontée des coûts de financement. Mais elle touche par ricochet le Vieux-Continent où la reprise est loin d’être aussi solidement ancrée. Certains signes sont encourageants. L’inflation en zone euro s’est ainsi établie à 1,3 % sur un an en mars, contre 0,9 % en janvier et février. Elle a même atteint les 2 % en Allemagne. Mais cette hausse des prix à la consommation est principalement liée à l’augmentation des coûts de l’énergie.

Rythme élevé

Pas question donc pour la BCE de laisser une hausse injustifiée des taux d’Etat porter atteinte à ce fragile redémarrage de l’économie européenne. D’autant qu’elle est déjà bien à la peine, entre la lenteur des campagnes de vaccination et le renforcement des restrictions de circulation. Conformément à l’engagement pris lors de sa dernière réunion de politique monétaire , la banque centrale a intensifié au cours des deux dernières semaines ses achats d’actifs. Elle a consacré un montant hebdomadaire de 20 milliards d’euros à son programme d’urgence (PEPP).

Et elle est prête à faire plus, comme le laisse entendre Christine Lagarde. « Nous devons faire face à des circonstances exceptionnelles, mais nous nous avons des outils exceptionnels à utiliser. Une pleine batterie », a-t-elle déclaré. Elle a souligné que la BCE était prête à utiliser entièrement la flexibilité du PEPP, quitte à en augmenter encore l’enveloppe de 1.850 milliards d’euros, et en ajustant en fonction des besoins. Le programme pourrait même être prolongé au-delà de son échéance fixée à mars 2022. « Ce n’est pas comme s’il était gravé dans le marbre », a confirmé la Française.

Pas de « taper tantrum »

Quoi qu’il en soit, lorsque la banque centrale estimera que les conditions d’un ralentissement de son action seront réunies, elle préviendra les marchés bien en avance. Elle veut ainsi éviter un « taper tantrum », un mouvement de peur panique sur les marchés qui avait suivi l’annonce d’une possible fin des achats d’actifs par la Réserve fédérale en 2013. Mais également envoyer un message à ceux qui seraient tentés de deviner, en fonction de l’évolution du contexte économique, les futures décisions de la BCE.

Interrogée sur le blocage, par la Cour constitutionnelle allemande, de l’adoption du plan de relance européen, Christine Lagarde a souhaité que la décision des juges soit prise rapidement, pour lever les incertitudes. Elle espère que le plan de 750 milliards d’euros pourra être mis en oeuvre au second semestre .



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