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Economie

Clap de fin pour l’usine Bridgestone de Béthune


La ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher est attendue en fin de journée pour discuter de l’avenir du site avec élus et représentants des salariés.

«C’est un gros gâchis»: les 863 salariés de Bridgestone à Béthune ont fait vendredi leurs adieux à l’usine de pneumatiques dont le géant japonais avait annoncé la fermeture en septembre, inquiets pour l’avenir malgré un plan social généreux et des pistes de revitalisation du site. L’usine tourne au ralenti depuis des mois, mais beaucoup de salariés ont tenu à être présents en ce dernier jour officiel d’activité, partagés entre envie de convivialité avec les collègues, écoeurement, tristesse et colère.

À la mi-journée, des salariés quittaient le site, parfois avec quelques affaires, filtrés par des agents de sécurité à la sortie. «Ça me fait très mal au coeur, je pense que je vais verser une petite larme», confie Francky, 50 ans, dont 27 chez Bridgestone. Comme beaucoup de collègues, ce chef d’équipe a suivi les traces de son père, qui y a «travaillé 37 ans». La suite pour lui, ce sera «retravailler dans un autre secteur, l’agro-alimentaire, la métallurgie, le paramédical… Mais ce n’est pas simple». C’est un gros gâchis. Depuis qu’il y a l’Europe, ça ne marche plus, la main d’oeuvre part dans les pays moins chers», s’agace le sexagénaire Jean-Claude Debruyne, qui en veut «plus au gouvernement qu’à Bridgestone».

Rassemblement d’adieux

Sur la Grand place de la ville de l’ancien bassin minier, un rassemblement «d’adieux» à l’usine, installée depuis 1961, d’abord sous la marque Firestone puis à partir de 1988 sous celle de Bridgestone, a été organisé à la mi-journée, attirant quelques dizaines de salariés et habitants, en sus des élus. «Si le PSE n’est pas bien respecté par la direction, on sera là pour le dire», a lancé le secrétaire du Comité social et économique, Stéphane Lesix (CFDT), saluant aussi l’initiative de la mairie de céder un local aux syndicats «pour continuer à suivre les salariés». «Cela les aurait arrangé que des pneus brûlent ou qu’on casse l’usine, ça aurait permis de dire qu’en France on ne veut pas travailler, on ne respecte pas l’outil de travail, mais c’est tout l’inverse qu’on a démontré», a souligné auprès de l’AFP le maire Olivier Gacquerre, saluant la dignité des salariés.

La communauté d’agglomération essaie d’obtenir, pour l’instant sans résultat, le remboursement d’1,25 million d’euros versé au groupe japonais en 2007, qui n’a jamais créé les 50 emplois promis en échange, a-t-il rappelé. La ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher est elle attendue en fin de journée pour discuter de l’avenir du site avec élus et représentants des salariés, avec pour horizon de nouvelles implantations d’ici fin 2022. Elle était déjà venue sur place plusieurs fois ces derniers mois, engageant d’abord un bras de fer avec Bridgestone pour éviter la fermeture puis, devant la fin de non-recevoir du groupe malgré les promesses d’argent public, chercher des pistes de revitalisation industrielle.

La fermeture avait été brutalement annoncée en septembre, le géant du pneu invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence asiatique à bas coûts. L’usine, parmi les plus gros employeurs du bassin d’emploi, ferme ses portes une décennie après Continental à Clairoix et sept ans après Goodyear à Amiens.

Neuf projets

Sur France Bleu Nord, la ministre a indiqué que 256 salariés avaient déjà pris une nouvelle direction, CDD de plus de six mois, CDI, départ à la retraite anticipée ou création d’entreprises. Neuf projets sont en cours d’examen pour revitaliser le site. «Il reste au moins 538 personnes qui n’ont rien du tout aujourd’hui. On est inquiet», a insisté Stéphane Lesix devant la mairie, appelant à une officialisation rapide des possibles reprises pour orienter les ex-Bridgestone vers les bonnes formations.

Si le logisticien nordiste Log’s «est prêt à implanter 300 emplois sur le site», «nous souhaitons avoir un équilibre entre activités logistiques et industrielles», ces dernières étant plus créatrices d’emploi, a de son côté souligné la ministre. Dans l’attente, direction et représentants des salariés ont fini par s’entendre en février sur un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) offrant «des niveaux d’indemnisation comme on n’en a jamais vus», «à la hauteur du préjudice subi», selon l’avocat de l’intersyndicale, Me Stéphane Ducrocq.



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