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Finance

CNP Assurances à la peine dans l’assurance-vie traditionnelle



Publié le 17 févr. 2021 à 17:19Mis à jour le 17 févr. 2021 à 17:29

La baisse donne une idée de l’ampleur du chantier qui attend Stéphane Dedeyan, futur directeur général de CNP Assurances. Mercredi, à l’occasion de ses résultats annuels, le numéro 2 de l’assurance-vie en France a annoncé avoir vu son activité sur ce produit reculer très fortement, sur fond de persistance de taux d’intérêt très faibles.

Dans le détail, l’assureur qui s’est rapproché de La Banque Postale en 2020 pour former un nouveau mastodonte de la bancassurance en France, a vu sa collecte nette en assurance-vie chuter de plus de 5 milliards d’euros. En 2019, la différence entre les sommes déposées par les épargnants sur leurs contrats et les versements des assureurs en leur faveur était pourtant légèrement positive à près de 260 millions d’euros.

Baisse de part de marché

Ce coup de frein n’est pas une surprise. L’ensemble du marché de l’assurance-vie a connu un recul historique l’an dernier (-6,5 milliards d’euros) . Le confinement du printemps a perturbé la distribution et les épargnants ont préféré garder leurs économies à portée de main en les déposant sur leur compte courant ou leurs livrets bancaires plutôt qu’en assurance-vie.

Dans ce contexte difficile, la décollecte de CNP Assurances interpelle toutefois par son ampleur. Elle s’est traduite par une baisse du chiffre d’affaires de l’activité Epargne-Retraite hexagonale de plus de 25 %. « Est-ce que le fait de ne plus avoir de chiffre d’affaires est sain pour une entreprise à long terme ? La réponse est évidemment non », a reconnu Antoine Lissowski, le patron qui tirera sa révérence en avril prochain. La baisse de la part de marché n’est pas satisfaisante ».

Une transformation en germe avant la crise

Pour autant, le patron de CNP souligne que la baisse de la collecte est « du point de vue de la gestion du bilan, bienvenue » et reflète la volonté de transformation de l’épargne stockée et drainée par le groupe coté. Une volonté qui était « en germe bien avant le démarrage de la crise du Covid ».

Comme tous les assureurs CNP est confronté depuis des années à la faiblesse persistance des taux d’intérêt. Celle-ci mine la rentabilité de l’assurance-vie traditionnelle (dite en euros) assortie d’une garantie en capital. Non seulement, elle oblige les assureurs à réduire le rendement offert aux épargnants sur ces contrats historiquement très prisés pour leur sécurité. Mais elle les force aussi à immobiliser du capital en face de ces contrats. Pour sortir de cette impasse, les assureurs, sous la bienveillance des superviseurs financiers, s’efforcent d’orienter les assurés vers des contrats moins coûteux en fonds propres et plus rentables.

Vers une collecte « beaucoup plus saine »

Ils planchent notamment sur des contrats d’assurance-vie traditionnelle « nouvelle génération » , modulant la garantie en capital en fonction des frais ou ne l’offrant que sous certaines conditions. Ils promeuvent également des produits en unités de compte (UC). Investis en actions, en immobilier ou autres, ces supports sont censés rapporter davantage, mais sont aussi plus risqués car dénués de garantie en capital.

CNP Assurances affiche d’ailleurs une collecte positive sur les contrats en UC en France (proche de 1,9 milliard d’euros). Elle ne suffit cependant pas à contrebalancer son plongeon en d’assurance-vie traditionnelle (-7,2 milliards d’euros). « La reconquête de parts de marché partira de la combinaison entre les produits new euro (nouvelle génération) et les nouvelles UC que nous sommes en train d’installer », promet Antoine Lissowski.

Une transition de « quelques semestres »

« Ce n’est pas une question de plusieurs années mais de quelques semestres pour avoir une collecte beaucoup plus saine », poursuit-il, expliquant que les contrats d’assurance-vie nouvelle génération, « ne sont pas aujourd’hui matériellement et techniquement disponibles chez tous nos partenaires ».

Ces évolutions n’empêchent pas l’assureur de revendiquer sa solidité financière avec un ratio de solvabilité de 208 %. Le groupe s’est par ailleurs engagé à verser un dividende de 1,57 euro par action. De quoi faire s’apprécier son cours de Bourse mercredi.



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