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Economie

comment la crise du coronavirus a bousculé les habitudes des Français


À l’heure de la crise sanitaire, la journée de lutte contre le gaspillage alimentaire prend tout son sens. Les nouvelles habitudes des particuliers tout comme celles des industriels font avancer cette cause en France. À l’inverse, les mesures sanitaires prises pour freiner la propagation du virus perturbent les systèmes d’approvisionnement et accentuent le gaspillage.

« Tant du côté des consommateurs que de celui des distributeurs, nous observons que la crise sanitaire accélère les prises de conscience », affirme Lucie Basch, présidente de Too Good To Go, une application qui lutte contre le gaspillage alimentaire. « Pendant le confinement, les gens ont davantage cuisiné et se sont reconnectés à leur alimentation », précise Laurence Guthière, chargée du gaspillage alimentaire à l’Ademe qui s’appuie sur un rapport de l’Obsoco. Les Français s’adonnent davantage à la cuisine maison, qui est devenue un moyen de passer le temps ainsi qu’une véritable activité au sein du foyer. Selon Kantar, un tiers des ménages disent avoir passé plus de temps à cuisiner et 21% cuisinent en famille. Par ailleurs, ils consomment plus de produits frais et plus de produits locaux, selon l’enquête « Manger au temps du coronavirus » menée par le CNRS. Corollaire de ces nouvelles habitudes, la quantité d’aliments jetés s’en trouve réduite, constatent les experts.

« Un tiers de l’ensemble du gaspillage alimentaire se fait à la maison. Or les dates limites de consommation représente près de 20% du gaspillage alimentaire des consommateurs. Il y a un vrai enjeu à clarifier ces indications qui sont souvent mal comprises », alerte Lucie Basch. « Les industriels, notamment les distributeurs avec qui nous sommes en contact, affirment que le Covid a accéléré l’urgence de mettre en place des projets pour réduire la quantité d’aliments jetés», précise la présidente de l’application téléchargée par plus de 7 millions d’utilisateurs.

Des projets concrétisés en quelques mois, contre des année avant

Preuve de cet engagement, la start-up assure que les 52 enseignes avec lesquelles elle a signé un pacte en janvier dernier pour réduire ce vaste gâchis se sont engagées à le réduire. Ils vont notamment mieux informer les Français sur les dates de péremption. Ainsi, une campagne de sensibilisation nationale, de nouveaux emballages plus visuels et des rayons anti-gaspi vont voir le jour dans les prochains jours. Ces rayons où les produits sont encore comestibles mais avec des dates limites de consommations proches ou dépassées sont en cours de déploiement dans les enseignes Auchan, Bio C’ Bon, Cora, NaturéO, Supermarchés Match et Système U et le seront prochainement chez Carrefour, Casino, E.Leclerc, Franprix, Intermarché, Le Marché de Léopold, Monoprix, Naturalia, La Grande Épicerie et Caviar de Neuvic. «Auchan en a déjà installé 120 et en aura 200 d’ici fin 2020», se réjouit l’entrepreneur qui affirme que les distributeurs lui confient qu’avec la crise sanitaire «les projets ont mis quelques mois à se concrétiser là où ils auraient mis des années habituellement».

À l’inverse, les mesures sanitaires perturbent certains circuits et provoquent ainsi une accumulation des pertes alimentaires. «Les mesures d’éloignement physique, qui ont entraîné une baisse du nombre de clients sur les marchés, ont également contribué à augmenter les pertes de denrées alimentaires et à diminuer les revenus des commerçants», indique notamment l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Par ailleurs, les fermetures des bars et restaurants provoquent des surproductions de certaines denrées, comme les pommes de terre, invendues par les agriculteurs. Par ailleurs, les stocks ne sont plus ajustés dans les établissements, ce qui occasionne des pertes. Des associations caritatives se portent volontaires pour récupérer ces invendus et les distribuer aux plus démunis. Des solutions se mettent en place mais il faut du temps.

Chaque année, près de dix millions de tonnes de produits alimentaires sont gaspillées en France, soit 20 à 30 kg d’aliments jetés par personne, selon l’Ademe. Un non-sens aussi bien écologique qu’économique puisque le gaspillage coûterait 16 milliards d’euros par an, selon l’Ademe. Reconnaissant l’ampleur du problème, les Nations Unies ont inclus un objectif de réduction des pertes et gaspillages alimentaires dans leur série d’objectifs de développement durable, approuvés il y a cinq ans. L’objectif mondial est de réduire de moitié le gaspillage alimentaire par habitant d’ici 2030. La crise sanitaire donne tous son sens à cet objectif.



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