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Finance

Comment la faillite de Greensill a coûté 500 millions à plusieurs villes allemandes



Jusque récemment, les habitants de Garbsen étaient surtout préoccupés par la pandémie et ses conséquences sur leurs vies personnelles. Mais depuis le 16 mars, jour de la faillite de Greensill Bank , la banque allemande détenue par la fintech britannique tombée en déconfiture, ils s’inquiètent pour l’avenir de leur commune… et leurs impôts locaux.

La petite ville, située dans la banlieue de Hanovre, avait placé 8,5 millions d’euros sur un compte rémunéré entre 0,2 et 0,4 % à la Greensill Bank. Une décision compréhensible : si elle avait déposé cet argent dans une Caisse d’épargne, elle aurait dû la rémunérer à un taux de 0,5 %, les Sparkassen répercutant à leurs gros clients les taux négatifs de la Banque centrale européenne (BCE).

« Pour 10 millions d’euros, ça représente 50.000 euros par an », explique son maire, Christian Grahl. Une somme rondelette pour la commune de 63.000 habitants, qui se retrouve, avec une cinquantaine d’autres villes allemandes, neuf Länder et plusieurs chaînes de télévision publiques régionales, prises au piège de Lex Greensill, le financier australien à l’origine du scandale. Au total, ils risquent de voir plus de 500 millions d’euros d’économies partir en fumée.

Le risque semblait limité

Au coeur de l’affaire, Greensill Capital prêtait de l’argent à des industriels, et surtout le magnat de l’acier Sanjeev Gupta , pour des opérations de financement de factures (affacturage inversé). La fintech elle-même se finançait avec les fonds déposés auprès de sa banque allemande par les communes, mais aussi des épargnants ou via des gestionnaires d’actifs, dont Credit Suisse ou GAM.

Pour les communes, le risque semblait limité : racheté en 2014 par Greensill Capital, la petite banque basée à Brême était supervisée par le gendarme financier allemand (BaFin) , jusqu’ici un gage de confiance. « Greensill Bank était noté ‘A-‘», ajoute le maire de Garbsen. « Les attestations des commissaires aux comptes étaient régulièrement accordées sans problème ».

Ce château de cartes s’est effondré mi-mars, lorsque Credit Suisse et GAM ont soudainement fermé le robinet à Greensill, après la décision de plusieurs assureurs-crédit de ne plus couvrir les opérations d’affacturage inversé de la fintech. En l’espace de quelques jours, sa banque allemande était au tapis et faisait l’objet d’un moratoire par la BaFin.

Les particuliers qui avaient placé leurs économies dans la filiale bancaire allemande devraient retrouver leur argent, garanti par le fonds de garantie des dépôts des banques privées allemandes. Mais les communes, exclues de ce filet de sauvetage depuis une décision de 2017, qui les considérait comme des investisseurs professionnels, risquent de tout perdre.

Alors que le trou dans les caisses vire au règlement de comptes au sein de son conseil municipal, Christian Grahl se veut combatif. « Nous luttons maintenant pour récupérer notre part dans la masse de la faillite et essayons de sauver ce qui peut être sauvé », déclare le maire de Garbsen, qui envisage d’attaquer en justice les autorités, l’agence de notation Scope et ses conseillers financiers.



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